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De l'affection des peres aux enfants de Montagne (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Montagne

Titre : De l'affection des peres aux enfants

Oeuvre dont est tiré le titre : Essais

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Extrait étudié :

Comme sur ce sujet duquel je parle, je ne puis recevoir cette passion de quoi on embrasse les enfants à peine encore nés, n'ayant ni mouvement en l'âme, ni forme reconnaissable au corps par où ils se puissent rendre aimables : et ne les ai pas souffert volontiers nourrir près de moi. Une vraie affection et bien réglée devrait naître et s'augmenter avec la connaissance qu'ils nous donnent d'eux ; et lors, s'ils le valent, la propension naturelle marchant quant et quant [au même rythme que] la raison, les chérir d'une amitié vraiment paternelle ; et en juger de même s'ils sont autres, nous rendant toujours à la raison, nonobstant la force naturelle. Il en va fort souvent au rebours, et le plus communément nous nous sentons plus émus des trépignements, 159
[page]jeux et niaiseries puériles de nos enfants, que nous ne faisons après, de leurs actions toutes formées : comme si nous les avions aimés pour notre passe-temps, comme des guenons, non comme des hommes. Et tel fournit bien libéralement de jouets à leur enfance, qui se trouve resserré à la moindre dépense qu'il leur faut étant en âge. Voire il semble que la jalousie que nous avons de les voir paraître et jouir du monde, quand nous sommes à même de le quitter, nous rende plus épargnants et restreints envers eux : Il nous fâche qu'ils nous marchent sur les talons, comme pour nous solliciter de sortir : Et si nous avions à craindre cela, puisque l'ordre des choses porte qu'ils ne peuvent, à dire vérité, être, ni vivre, qu'aux dépens de notre être et de notre vie, nous ne devions pas nous mêler d'être pères.

Quant à moi, je trouve que c'est cruauté et injustice de ne les recevoir au partage et société de nos biens, et compagnons en l'intelligence de nos affaires domestiques, quand ils en sont capables, et de ne retrancher et resserrer nos commodités pour pourvoir aux leurs, puisque nous les avons engendrés à cet effet.

C'est injustice de voir qu'un père vieux, cassé, et demi-mort, jouisse seul à un coin du foyer des biens qui suffiraient à l'avancement et entretien de plusieurs enfants, et qu'il les laisse cependant par faute de moyens perdre leurs meilleures années, sans se pousser au service public, et connaissance des hommes. On les jette au désespoir de chercher par quelque voie, pour injuste qu'elle soit, à pourvoir à leur besoin. Comme j'ai vu de mon temps plusieurs jeunes hommes de bonne maison si adonnés au larcin que nulle correction les en pouvait détourner

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