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"L'effondrement du Voreux" de Emile Zola (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Emile Zola

Titre : "L'effondrement du Voreux"

Oeuvre dont est tiré le titre : Germinal

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Extrait étudié :

M. Hennebeau, au bout de cette heure de répit, sentit
l’espoir renaître. Le mouvement des terrains devait être
terminé, on aurait la chance de sauver la machine et le reste des
bâtiments. Mais il défendait toujours qu’on s’approchât, il
voulait patienter une demi-heure encore. L’attente devint
insupportable, l’espérance redoublait l’angoisse, tous les coeurs
battaient. Une nuée sombre, grandie à l’horizon, hâtait le
crépuscule, une tombée de jour sinistre sur cette épave des
tempêtes de la terre. Depuis sept heures, on était là, sans
remuer, sans manger.
Et, brusquement, comme les ingénieurs s’avançaient avec
prudence, une suprême convulsion du sol les mit en fuite. Des
détonations souterraines éclataient, toute une artillerie
monstrueuse cartonnant le gouffre. A la surface, les dernières
constructions se culbutaient, s’écrasaient. D’abord, une sorte de
tourbillon emporta les débris du criblage et de la salle de
recette. Le bâtiment des chaudières creva ensuite, disparut.
Puis, ce fut la tourelle carrée où râlait la pompe d’épuisement,
qui tomba sur la face, ainsi qu’un homme fauché par un boulet.
Et l’on vit alors une effrayante chose, on vit la machine,
disloquée sur son massif, les membres écartelés, lutter contre la
mort : elle marcha, elle détendit sa bielle, son genou géante,
comme pour se lever ; mais elle expirait, broyée, engloutie.
Seule, la haute cheminée de trente mètres restait debout,
secouée, pareille à un mât dans l’ouragan. On croyait qu’elle
allait s’émietter et voler en poudre, lorsque, tout d’un coup, elle
s’enfonça d’un bloc, bue par la terre, fondue ainsi qu’un cierge
colossal ; et rien ne dépassait, pas même la pointe du
paratonnerre. C’était fini, la bête mauvaise, accroupie dans ce
creux, gorgée de chair humaine, ne soufflait plus de son haleine
grosse et longue. Tout entier, le Voreux venait de couler à
l’abîme.

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