Commentaire philosophique : Kant : Critique de la faculté de juger : La montre (1790).

Texte étudié :

Dans une montre une partie est l'instrument du mouvement des autres, mais un rouage n'est pas la cause efficiente de la production d'un autre rouage ; certes une partie existe pour une autre, mais ce n'est pas par cette autre partie qu'elle existe. C'est pourquoi la cause productrice de celles-ci et de leur forme n'est pas contenue dans la nature (de cette matière), mais en dehors d'elle dans un être, qui d'après des Idées peut réaliser un tout possible par sa causalité.
C'est pourquoi aussi dans une montre un rouage ne peut en produire un autre et encore moins une montre d'autres montres, en sorte qu'à cet effet elle utiliserait (elle organiserait) d'autres matières ; c'est pourquoi elle ne remplace pas d'elle-même les parties, qui lui ont été ôtées, ni ne corrige leurs défauts dans la première formation par l'intervention des autres parties, ou se répare elle-même, lorsqu'elle est déréglée : or tout cela nous pouvons en revanche l'attendre de la nature organisée. Ainsi un être organisé n'est pas simplement machine, car la machine possède uniquement une force motrice ; mais l'être organisé possède en soi une force formatrice qu'il communique aux matériaux, qui ne la possèdent pas (il les organise) : il s'agit ainsi d'une force formatrice qui se propage et qui ne peut pas être expliquée par la seule faculté de mouvoir (le mécanisme). (...)
Dans la nature les êtres organisés sont ainsi les seuls, qui, lorsqu'on les considère en eux-mêmes et sans rapport à d'autres choses, doivent être pensés comme possibles seulement en tant que fins de la nature et ce sont ces êtres qui procurent tout d'abord une réalité objective au concept d'une fin qui n'est pas une fin pratique, mais une fin de la nature, et qui, ce faisant, donnent à la science de la nature le fondement d'une téléologie, c'est-à-dire une manière de juger ses objets d'après un principe particulier, que l'on ne serait autrement pas du tout autorisé à introduire dans cette science (parce que l'on ne peut nullement apercevoir a priori la possibilité d'une telle forme de causalité).

Introduction :

Au 17ème siècle, les cartésiens revendiquent une identité commune entre la nature et la machine, une harmonie entre les organismes vivants et la matière inerte .Malgré cela d’autres philosophes vitalistes dénoncent une toute autre version ce fait en déclarant que ces 2 matières sont différentes et que les êtres vivants possèdent une autre faculté, une force vitale d’après Aristote. Kant propose alors différentes réponses à ce conflit, à travers son œuvre, la critique de la faculté de juger. Ici, dans l’extrait, au paragraphe 65, il adopte une réflexion de comparaison devant divers exemples vitaux pour montrer les différences entre la machine et les êtres vivants. Il ne prend pas le parti des mécanistes, néanmoins il reste aussi à l’écart du vitalisme. A travers ce texte, Kant se pose alors la question de cette unité ; y a t’il a donc une réelle identité entre ces deux matières ? ...

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