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Corrigés de l'épreuve de philosophie 2008

Les épreuves du bac 2008 :

Corrigés de l'épreuve de philosophie :

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Série ES : Coefficient 4

Dissertation :

Est-il plus facile de connaître autrui que de se connaitre soit même ? Corrigé

Eléments de correction et pièges à éviter :

- La réponse qui semble évidente est celle-ci: « Puisque je vis avec moi-même depuis que je suis né, je me connais mieux que quiconque et par conséquent, j'ai plus de facilité à me connaître qu'à connaître autrui. »
- Mais comment l'observateur (moi-même) peut-il être en même temps l'observé?
- Il faut toujours une distance entre celui qui observe et l'objet qu'il observe.
- Cela est vrai pour la perception. Je ne saisis rien d'un objet placé à un millimètre de mon oeil.
- D'une part, ainsi que l'écrit Sartre: « autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même: j'ai honte de moi tel que j'apparais à autrui. Et, par l'apparition même d'autrui, je suis mis en mesure de porter un jugement sur moi-même comme sur un objet, car c'est comme objet que j'apparais à autrui. » (L'Etre et le néant. Ed. Gallimard. Coll. « Tel », p.260.)
-
D'autre part, c'est bien parce que autrui n'est pas moi-même que je peux le connaître, parce qu'il est plus à distance de moi-même que je ne le suis vis-à-vis de ma propre réalité.

Peut-on désirer sans souffrir ? Corrigé

Eléments de correction et pièges à éviter :

- Désirer est volupté, surtout à une époque où le désir, exploité par la publicité, laisse à croire qu'il est une fin en soi.
- Mais désirer, c'est par définition, vouloir ce que l'on n'a pas encore, ce qui nous manque.
- Or, manquer, c'est être insatisfait et être insatisfait, c'est souffrir.
- Le désir se nourrit du manque et le manque est souffrance.
- Lévinas écrit: « J'ai essayé de décrire la différence du Désir et du besoin par le fait que le Désir ne peut être satisfait; que le Désir, en quelque manière, se nourrit de ses propres faims et s'augmente de sa satisfaction; que le Désir est comme une pensée qui pense plus qu'elle ne pense, ou plus que ce qu'elle pense. » (Ethique et infini. Ed. Fayard. Coll. « Le livre de poche/Biblio », p.87.)
- Désirer est autant volupté que souffrance. En tout cas, il est difficile de démontrer que le désir se passe de souffrir.

Commentaire d'un texte philosophique : Justice et droits de l'homme


Expliquez le texte suivant :

Je regarde comme [...] détestable cette maxime, qu'en matière de gouvernement la majorité d'un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l'origine de tous les pouvoirs. Suis-je en contradiction avec moi-même ?
Il existe une loi générale qui a été faite ou du moins adoptée, non pas seulement par la majorité de tel ou tel peuple, mais par la majorité de tous les hommes. Cette loi, c'est la justice.
La justice forme donc la borne du droit de chaque peuple.
Une nation est comme un jury chargé de représenter la société universelle et d'appliquer la justice, qui est sa loi. Le jury, qui représente la société, doit-il avoir plus de puissance que la société elle-même dont il applique les lois ?
Quand donc je refuse d'obéir à une loi injuste, je ne dénie point à la majorité le droit de commander ; j'en appelle seulement de la souveraineté du peuple à la souveraineté du genre humain. [...]
Qu'est-ce donc qu'une majorité prise collectivement, sinon un individu qui a des opinions et le plus souvent des intérêts contraires à un autre individu qu'on nomme la minorité ? Or, si vous admettez qu'un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n'admettez-vous pas la même chose pour une majorité ? Les hommes, en se réunissant, ont-ils changé de caractère ? Sont-ils devenus plus patients dans les obstacles en devenant plus forts ? Pour moi, je ne saurais le croire ; et le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l'accorderai jamais à plusieurs.

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique

Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Corrigé complet

Série S : Coefficient 3

L'art transforme-t-il notre conscience du réel ? Corrigé

Eléments de correction et pièges à éviter :

- Contrairement à une idée reçue, l'art n'est pas le contraire de la réalité, le contraire du « concret », même s'il est bien le produit de l'imagination.
- « L’art ne reproduit pas le visible; il rend visible. » écrit Paul Klee (Théorie de l’art moderne. Ed. Denoël/Gonthier. Coll. « Médiations », p. 34.)
- En ce sens il transforme bien notre conscience du réel.
- Le piège dans ce sujet était de soutenir l'idée suivante: les artistes n'ont aucune idée de la réalité.Ils vivent dans un monde imaginaire. Bien au contraire, ce sont eux, avec les scientifiques et les penseurs qui transfoment notre conscience du réel.

Y a-t-il d'autres moyens que la démonstration pour établir une vérité ? Corrigé

Eléments de correction et pièges à éviter :

- Qui dit démonstration dit, en principe, mathématiques, ou en tout cas logique.
- Or, le réel est loin de se réduire aux mathématiques et à la logique.
- Soit cette vérité (pour moi tout du moins...): j'aime Dieu. Je peux éventuellement tenter de démontrer l'existence de Dieu. Mais par la démonstration, je n'ai aucun moyen de prouver l'amour que je lui porte.
- Un sentiment se prouve par lui-même, mais ne peut en aucun cas se démonter, au sens logico-mathématique du terme.
- Par ailleurs, il est des vérités qui ne peuvent se prouver que par l'expérience.
- Soit ce constat: « L’idée expérimentale résulte d’une sorte de pressentiment de l’esprit qui juge que les choses doivent se passer d’une certaine manière. On peut dire sous ce rapport que nous avons dans l’esprit l’intuition ou le sentiment des lois de la nature, mais nous n’en connaissons pas la forme. L’expérience peut seule nous l’apprendre. » (Claude Bernard, Introduction à l’étude de la méthode expérimental. Ed. Flammarion. Coll. « Champs », p. 67.)

Commentaire d'un texte philosophique : Morale et justice

 

Expliquer le texte suivant :

Si la morale ne considère que l'action juste ou injuste, si tout son rôle est de tracer nettement, à quiconque a résolu de ne pas faire d'injustice, les bornes où se doit contenir son activité, il en est tout autrement de la théorie de l'État. La science de l'État, la science de la législation n'a en vue que la victime de l'injustice ; quant à l'auteur, elle n'en aurait cure, s'il n'était le corrélatif forcé de la victime ; l'acte injuste, pour elle, n'est que l'adversaire à l'encontre de qui elle déploie ses efforts ; c'est à ce titre qu'il devient son objectif. Si l'on pouvait concevoir une injustice commise qui n'eût pas pour corrélatif une injustice soufferte, l'État n'aurait logiquement pas à l'interdire. Aux yeux de la morale, l'objet à considérer, c'est la volonté, l'intention ; il n'y a pour elle que cela de réel ; selon elle, la volonté bien déterminée de commettre l'injustice, fût-elle arrêtée et mise à néant, si elle ne l'est que par une puissance extérieure, équivaut entièrement à l'injustice consommée ; celui qui l'a conçue, la morale le condamne du haut de son tribunal comme un être injuste. Au contraire, l'État n'a nullement à se soucier de la volonté, ni de l'intention en elle-même ; il n'a affaire qu'au fait (soit accompli, soit tenté), et il le considère chez l'autre terme de la corrélation, chez la victime ; pour lui donc il n'y a de réel que le fait, l'événement. Si parfois il s'enquiert de l'intention, du but, c'est uniquement pour expliquer la signification du fait. Aussi l'État ne nous interdit pas de nourrir contre un homme des projets incessants d'assassinat, d'empoisonnement, pourvu que la peur du glaive et de la roue nous retienne non moins incessamment et tout à fait sûrement de passer à l'exécution. L'État n'a pas non plus la folle prétention de détruire le penchant des gens à l'injustice, ni les pensées malfaisantes ; il se borne à placer, à côté de chaque tentation possible, propre à nous entraîner vers l'injustice, un motif plus fort encore, propre à nous en détourner ; et ce second motif, c'est un châtiment inévitable.

A. Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation

La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Corrigé complet

Série L : Coefficient 7

Dissertations :

La perception peut-elle s'éduquer ? Corrigé

Eléments de correction et pièges à éviter :

- La perception est le propre du vivant. Même la plante perçoit.
- Puisqu'il en est ainsi, la perception est un phénomène naturel et donc ne s'éduque pas.
- Mais l'homme n'a jamais été un «phénomène naturel». Depuis qu'il existe, il dépend de la culture.
- Même ses instincts, ses besoins relèvent de la culture.
- C'est pourquoi l'on peut dire que ses perceptions sont sans doute le fruit de la nature, mais dépendent exclusivement de la culture. Or, ce qui dépend de la culture est aussi ce qui dépend de l'éducation.

Une connaissance scientifique du vivant est-elle possible ?
Corrigé

Eléments de correction et pièges à éviter :

- Le terme «scientifique» suppose une application des conquêtes de la raison sur la matière brute.
- Il suppose donc, d'un point de vue presque idéologique, que les mathématiques sont LA science.
- Mais le vivant n'est pas la matière brute.
- Le vivant se dérobe, de par sa complexité et ses incessantes mutations, à une étude stable des phénomènes. Le coucher due soleil se répète. L'organisme vivant se répète tout en se différenciant à chaque étape de sa reproduction, à chaque étape de son évolution.
- Le corps brut, selon les lois de Newton, tombera toujours d'une même manière, sera toujours soumis aux mêmes forces.
- Il n'en va pas de même pour la cellule, les tissus, les organismes.
- D'où cette réflexion de Cournot: « Le propre de l’esprit humain est d’avoir ce qu’il faut pour saisir nettement ce qui est du ressort de la mécanique, et de manquer de ce qu’il faudrait pour saisir de même la nature et le mode d’action de ce principe supérieur qui met en branle les fonctions de la vie, et qui se sert de tous les moyens mécaniques, physiques, chimiques, pour arriver à ses fins. »
( Considérations sur la marche des idées et des événements dans les temps modernes, vol. I. Ed. Boivin, p. 249.)
- Au sens logico-mathématique du terme, il n'existe pas encore de connaissance véritablement scientifique du vivant, tout du moins de connaissance capable d'appliquer les mêmes critères de scientificité que ceux qu'elle applique à l'étude de la matière inerte.

Commentaire d'un texte philosophique :

Expliquez le texte suivant : Liberté et incertitude


Expliquez le texte suivant :

Puisque la liberté exige que la réussite ne découle pas de la décision comme une conséquence, il faut que la réalisation puisse à chaque instant ne pas être, pour des raisons indépendantes du projet même et de sa précision ; ces raisons forment l'extériorité par rapport à tout projet et la liberté est la perpétuelle invention des moyens de tourner ces difficultés extérieures, mais il est bien entendu que la réussite doit être seulement possible, c'est-à-dire qu'il n'y a action que si les difficultés extérieures peuvent toujours être si élevées ou si neuves que l'invention humaine ne puisse pas les surmonter. Ainsi est-il toujours entendu à la fois que l'entreprise humaine a réussi à cause de la libre décision et de la libre inventivité qui a surmonté les obstacles et à la fois qu'elle a réussi parce que ce sont ces obstacles-là et non d'autres plus grands qui lui ont été imposés. Toute entreprise humaine réussit par hasard et en même temps réussit par l'initiative humaine. Si le tireur n'avait pas eu le soleil dans l'œil il m'atteignait, je manquais ma mission de reconnaissance. II s'en est donc fallu d'un rayon de soleil, de la vitesse d'un nuage, etc. Mais, en même temps, mes précautions étaient prises pour éliminer tous les dangers prévisibles. En un mot les possibles se réalisent dans la probabilité. La liberté se meut dans la sphère du probable, entre la totale ignorance et la certitude ; et le probable vient au monde par l'homme.

Sartre, Cahiers pour une morale

La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Corrigé complet

Série Technologique, série TMD (technique et musique de la danse), coefficient 3

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Série Technologique, coefficient 2

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