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acte II, scène 6 de Molière (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Molière

Titre : acte II, scène 6

Époque : 17 ième

Oeuvre dont est tiré le titre : Les Femmes savantes

Accéder au commentaire de texte : Commentaire : Molière : acte II, scène 6

Extrait étudié :

CHRYSALE
Aussi fais-je. Oui, ma femme avec raison vous chasse,
Coquine, et votre crime est indigne de grâce.
MARTINE
Qu'est-ce donc que j'ai fait ?
CHRYSALE
Ma foi ! Je ne sais pas.
PHILAMINTE
Elle est d'humeur encore à n'en faire aucun cas.
CHRYSALE
A-t-elle, pour donner matière à votre haine,
Cassé quelque miroir ou quelque porcelaine ?
PHILAMINTE
Voudrais-je la chasser, et vous figurez-vous
Que pour si peu de chose on se mette en courroux ?
CHRYSALE
Qu'est-ce à dire ? L'affaire est donc considérable ?
PHILAMINTE
Sans doute. Me voit-on femme déraisonnable ?
CHRYSALE
Est-ce qu'elle a laissé, d'un esprit négligent,
Dérober quelque aiguière vase avec anse et bec ou quelque plat d'argent ?
PHILAMINTE
Cela ne serait rien.
CHRYSALE
Oh, oh ! peste, la belle !
Quoi ? l'avez-vous surprise à n'être pas fidèle ?
PHILAMINTE
C'est pis que tout cela.
CHRYSALE
Pis que tout cela ?
PHILAMINTE
Pis.
CHRYSALE
Comment diantre, friponne ! Euh ? a-t-elle commis.
PHILAMINTE
Elle a, d'une insolence à nulle autre pareille,
Après trente leçons, insulté mon oreille
Par l'impropriété d'un mot sauvage et bas,
Qu'en termes décisifs condamne Vaugelas.
CHRYSALE
Est-ce là... ?
PHILAMINTE
Quoi ? toujours, malgré nos remontrances,
Heurter le fondement de toutes les sciences,
La grammaire, qui sait régenter jusqu'aux rois,
Et les fait, la main haute, obéir à ses lois ?
CHRYSALE
Du plus grand des forfaits je la croyais coupable.
PHILAMINTE
Quoi ? vous ne trouvez pas ce crime impardonnable ?
CHRYSALE
Si fait.
PHILAMINTE
Je voudrais bien que vous l'excusassiez !
CHRYSALE
Je n'ai garde.
BÉLISE
Il est vrai que ce sont des pitiés :
Toute construction est par elle détruite,
Et des lois du langage on l'a cent fois instruite.
MARTINE
Tout ce que vous prêchez est, je crois, bel et bon ;
Mais je ne saurais, moi, parler votre jargon.
PHILAMINTE
L'impudente ! appeler un jargon le langage
Fondé sur la raison et sur le bel usage !
MARTINE
Quand on se fait entendre, on parle toujours bien,
Et tous vos beaux dictons ne servent pas de rien.
PHILAMINTE
Hé bien ! ne voilà pas encore de son style ?
Ne servent-pas de rien !
BÉLISE
Ô cervelle indocile !
Faut-il qu'avec les soins qu'on prend incessamment,
On ne te puisse apprendre à parler congrûment ?
De pas mis avec rien tu fais la récidive,
Et c'est, comme on t'a dit, trop d'une négative.
MARTINE
Mon Dieu ! je n'avons pas étugué comme vous,
Et je parlons tout droit comme on parle cheux nous.
PHILAMINTE
Ah ! peut-on y tenir ?
BÉLISE
Quel solécisme horrible !
PHILAMINTE
En voilà pour tuer une oreille sensible.
BÉLISE
Ton esprit, je l'avoue, est bien matériel.
Je n'est qu'un singulier, avons est pluriel.
Veux-tu toute ta vie offenser la grammaire ?
MARTINE
Qui parle d'offenser grand'mère ni grand-père ?
PHILAMINTE
Ô Ciel !
BÉLISE
Grammaire est prise à contre-sens par toi,
Et je t'ai dit déjà d'où vient ce mot.
MARTINE
Ma foi !
Qu'il vienne de Chaillot, d'Auteuil, ou de Pontoise,
Cela ne me fait rien.
BÉLISE
Quelle âme villageoise !
La grammaire, du verbe et du nominatif,
Comme de l'adjectif avec le substantif,
Nous enseigne les lois.
MARTINE
J'ai, Madame, à vous dire
Que je ne connais point ces gens-là.
PHILAMINTE
Quel martyre !
BÉLISE
Ce sont les noms des mots, et l'on doit regarder
En quoi c'est qu'il les faut faire ensemble accorder.
MARTINE
Qu'ils s'accordent entr'eux, ou se gourment, qu'importe ?
PHILAMINTE, à sa sœur.
Eh, mon Dieu ! Finissez un discours de la sorte.

Ajouté par : admin

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