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Lettre 11 de Montesquieu (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Montesquieu

Titre : Lettre 11

Époque : 18 ième

Oeuvre dont est tiré le titre : Lettres persanes

montesquieu

1           Il y a de certaines vérités qu’il ne suffit pas de persuader, mais qu’il faut encore faire
       sentir. Telles sont les vérités de morale. Peut-être que ce morceau d’histoire te touchera plus
       qu’une philosophie subtile.

            Il y avait en Arabie un petit peuple, appelé Troglodyte, qui descendait de ces anciens
5    Troglodytes qui, si nous en croyons les historiens, ressemblaient plus à des bêtes qu’à des
      hommes. Ceux-ci n’étaient point si contrefaits : ils n’étaient point velus comme des ours ; ils ne
      sifflaient point ; ils avaient des yeux ; mais ils étaient si méchants et si féroces qu’il n’y avait
       parmi eux aucun principe d’équité ni de justice.

           Ils avaient un roi d’une origine étrangère, qui, voulant corriger la méchanceté de leur
10    naturel, les traitait sévèrement. Mais ils conjurèrent contre lui, le tuèrent et exterminèrent
        toute la famille royale.

           Le coup étant fait, ils s’assemblèrent pour choisir un gouvernement, et, après bien des
        dissensions, ils créèrent des magistrats. Mais, à peine les eurent-ils élus, qu’ils leur devinrent
        insupportables, et ils les massacrèrent encore.

15        Ce peuple, libre de ce nouveau joug, ne consulta plus que son naturel sauvage ; tous les
        particuliers convinrent qu’ils n’obéiraient plus à personne ; que chacun veillerait uniquement
       à ses intérêts, sans consulter ceux des autres.

             Cette résolution unanime flattait extrêmement tous les particuliers. Ils disaient : «Qu’ai-je
        affaire d’aller me tuer à travailler pour des gens dont je ne me soucie point ? Je penserai
20    uniquement à moi ; je vivrai heureux. Que m’importe que les autres le soient ? Je me
        procurerai tous mes besoins, et, pourvu que je les aie, je ne me soucie point que tous les
        autres Troglodytes soient misérables.»

             On était dans le mois où l’on ensemence les terres. Chacun dit : «Je ne labourerai mon
        champ que pour qu’il me fournisse le blé qu’il me faut pour me nourrir : une plus grande
25    quantité me serait inutile ; je ne prendrai point de la peine pour rien. »

              Les terres de ce petit royaume n’étaient pas de même nature : il y en avait d’arides et de
          montagneuses, et d’autres qui, dans un terrain bas, étaient arrosées de plusieurs ruisseaux.
          Cette année, la sécheresse fut très grande, de manière que les terres qui étaient dans les lieux
          élevés manquèrent absolument, tandis que celles qui purent être arrosées furent très fertiles.
30      Ainsi les peuples des montagnes périrent presque tous de faim par la dureté des autres, qui leur
          refusèrent de partager la récolte.

              L’année d’ensuite fut très pluvieuse ; les lieux élevés se trouvèrent d’une fertilité
         extraordinaire, et les terres basses furent submergées. La moitié du peuple cria une seconde
         fois famine ; mais ces misérables trouvèrent des gens aussi durs qu’ils l’avaient été eux-mêmes.

 Montesquieu, Lettres Persanes, 1721 (extrait de la lettre XI, "Usbek à Mirza")

 

Fiche Bac :

Intro :
Apologue = récit, fiction dont la finalité est argumentative.
On raconte une histoire ds le but de démontrer la validité : Quelle est la meilleure forme de gouvernement?

1ère partie : Troglodutes menés à leur perte.
C'est un comte : "Il y avait" qui suit une structure itérative.
Cette structure est caractéristique des paraboles, des fables et des comtes.
Les choses répétées ont leur charme --> on comprend mieux.
C'est un récit qui raconte 1 situation d'un gouvernement idéal = utopie
Apologue des Troglodytes commence par une contre-utopie.

I/ La forme d'un comte
A/ Il y avait

La lettre débute par "il y avait". On a donc bien un comte.

B/ Le temps, le lieu

On se trouve ds un contexte intemporel. Le temps n'est pas marqué.
Pour le lieu, il s'agit de l'Arabie, le monde des comtes des 1001 nuits (fiction orientale).

C/ Un peuple = les Troglodytes

Peuple un peu primitif --> habitants des cavernes
Peuple mythique qui appartient au Comte.
Description péjorative/restrctive des Troglodytes.
Forme d'ironie ds la description. Les Troglodutes sont incapables de vivre en société.
Adj. négatif : "si méchants", "si féroce".
Dès le 1er § on entre ds la forme du comte.

II/ Une progression vers l'anarchie
A/ 3 étapes

- Monarchie absolue avec un "roi" qui les "traitait sévèrement"
- Magistrats qui s'assemblent et qui sont les représentants ds une démocratie --> oligarchie. Mais à peine ces magistrats st élus qu'ils les tuent.
- Le naturel sauvage reprend le dessus. Ils n'obéissent plus à personne. Abscence totale de solidarité. C'est la loi du plus fort. On est ds un individualisme forcené --> Anarchie.

B/ Une société violente

Chp lexical de la violence : "morts", "massacrèrent", naturel sauvage"...
Intensifs : "si méchants"; "si féroces"
Gradation ascendante : "massacrèrent , exterminèrent.

C/ Le tableau de l'anarchie

Il se manifeste par l'abscence de solidarité, le violence, le refus d'obéir aux lois.
Modèle où il n'y a plus aucune cohésion socile.
Le dernier § décrit la dégénérescence politique de sTroglodytes, leur dérive vers le mal.
Métaphore : gouvernement comparé à un joug insupportable.
Toute autorité poloituqe s'assimile à un joug.

CCL Générale : Le 18ème siècle vera se réaliser la Révolution française. Montesquieu anticipe cela. Il assimile ceux qui font la Révolution aux bons Troglodytes.

Accéder au commentaire de texte : Commentaire : Montesquieu : Lettre 11

2e proposition de corrigé : 2e commentaire : Montesquieu : Lettre 11

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