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Partie 2, chapitre 10 de Maupassant (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Maupassant

Titre : Partie 2, chapitre 10

Époque : 19 ième

Oeuvre dont est tiré le titre : Bel ami

Accéder au commentaire de texte : Commentaire : Maupassant : Partie 2, chapitre 10

2e proposition de corrigé : 2e commentaire : Maupassant : Partie 2, chapitre 10

Extrait étudié :

Fils de petits aubergistes normands, Georges Duroy, ancien soldat portant beau, petit employé aux chemins de fer, bénéficie de l'aide de son ami Forestier, pour devenir journaliste à La Vie française. Sa beauté et son charme lui ouvrent le coeur des femmes qu'il côtoie, notamment Mme de Marelle, et peu à peu il occupe des postes de plus en plus importants au journal. Laurine, la fille de Mme de Marelle, le baptise Bel-Ami, surnom bientôt adopté par tous. A la mort de son ami Forestier, il épouse sa femme Madeleine, qui est en fait une intrigante connaissant par ses relations toutes les arcanes du monde politique et qui l'aide grandement dans son ascension; il devient aussi l'amant de Mme Walter, l'épouse de son patron. Désireux d'épouser Suzanne Walter, la fille de Walter, enrichi par des spéculations boursières lors de la conquête du Maroc, il parvient à contraindre Madeleine au divorce après un constat d'adultère. Le jour du triomphe est arrivé.


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L'encens répandait une odeur fine de benjoin, et sur l'autel le sacrifice divin s'accomplissait, l'Homme-Dieu, à l'appel de son prêtre, descendait sur la terre pour consacrer le triomphe du baron Georges Du Roy.
Bel-Ami, à genoux à côté de Suzanne, avait baissé le front. Il se sentait en ce moment presque croyant, presque religieux, plein de reconnaissance pour la divinité qui l'avait ainsi favorisé, qui le traitait avec ces égards. Et sans savoir au juste à qui il s'adressait, il la remerciait de son succès.
Lorsque l'office fut terminé, il se redressa, et, donnant le bras à sa femme, il passa dans la sacristie. Alors commença l'interminable défilé des assistants. Georges affolé de joie, se croyait un roi qu'un peuple venait acclamer. Il serrait des mains, balbutiait des mots qui ne signifiaient rien, saluait, répondait aux compliments: "Vous êtes bien aimable."
Soudain il aperçut Mme de Marelle; et le souvenir de tous les baisers qu'il lui avait donnés, qu'elle lui avait rendus, le souvenir de toutes leurs caresses, de ses gentillesses, du son de sa voix, du goût de ses lèvres, lui fit passer dans le sang le désir brusque de la reprendre. Elle était jolie, élégante, avec un air gamin et ses yeux vifs. Georges pensait: "Quelle charmante maîtresse, tout de même."
Elle s'approcha un peu timide, un peu inquiète, et lui tendit la main. Il la reçut dans la sienne et la garda. Alors il sentit l'appel discret de ces doigts de femme, la douce pression qui pardonne et reprend. Et lui-même il la serrait, cette petite main, comme pour dire: "Je t'aime toujours, je suis à toi !"
Leurs yeux se rencontrèrent, souriants, brillants, pleins d'amour. Elle murmura de sa voix gracieuse :
- A bientôt, monsieur.
Il répondit gaiement : "A bientôt, madame."
Et elle s'éloigna.
D'autres personnes se poussaient. La foule coulait devant lui comme un fleuve. Enfin elle s'éclaircit. Les derniers assistants partirent.
Georges reprit le bras de Suzanne pour retraverser l'église.
Elle était pleine de monde, car chacun avait regagné sa place afin de les voir passer ensemble. Il allait lentement, d'un pas calme, la tête haute, les yeux fixés sur la grande baie ensoleillée de la porte. Il sentait sur sa peau courir de longs frissons, ces frissons froids que donnent les immenses bonheurs. Il ne voyait personne, il ne pensait qu'à lui.
Lorsqu'il parvint sur le seuil, il aperçut la foule amassée, une foule noire, bruissante, venue là pour lui, pour lui Georges Du Roy. Le peuple de Paris le contemplait et l'enviait.
Puis, relevant les yeux, il découvrit là-bas, derrière la place de la Concorde, la Chambre des députés. Et il lui sembla qu'il allait faire un bond du portique de la Madeleine au portique du Palais-Bourbon.
Il descendit avec lenteur les marches du haut perron entre deux haies de spectateurs. Mais il ne les voyait point; sa pensée maintenant revenait en arrière, et devant ses yeux éblouis par l'éclatant soleil flottait l'image de Mme de Marelle rajustant en face de la glace les petits cheveux frisés de ses tempes, toujours défaits au sortir du lit.

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