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Acte II scène 8 de Giraudoux (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Giraudoux

Titre : Acte II scène 8

Époque : 20 ième

Oeuvre dont est tiré le titre : Electre

Électre, 1937

Acte II sc. 8

EGISTHE. Partons, reine !

CLYTEMNESTRE. Oui, je le haïssais. Oui, tu vas savoir enfin ce qu'il était, ce père admirable ! Oui, après vingt ans, je vais m'offrir la joie que s'est offerte Agathe !... Une femme est à tout le monde. Il y a tout juste au monde un homme auquel elle ne soit pas. Le seul homme auquel je n'étais pas, c'était le roi des rois, le père des pères, c'était lui ! Du jour où il est venu m'arracher à ma maison, avec sa barbe bouclée, de cette main dont il relevait toujours le petit doigt, je l'ai haï. Il le relevait pour boire, il le relevait pour conduire, le cheval s'emballât-il, et quand il tenait son sceptre, et quand il me tenait moi-même, je ne sentais sur mon dos que la pression de quatre doigts : j'en étais folle, et quand dans l'aube il livra à la mort ta sœur Iphigénie, horreur, je voyais aux deux mains le petit doigt se détacher sur le soleil ! Le roi des rois, quelle dérision ! Il était pompeux, indécis, niais. C'était le fat des fats, le crédule des crédules. Le roi des rois n'a jamais été que ce petit doigt et cette barbe que rien ne rendait lisse. Inutile, l'eau du bain, sous laquelle je plongeais sa tête, inutile la nuit de faux amour, où je la tirais et l'emmêlais, inutile cet orage de Delphes sous lequel les cheveux des danseuses n'étaient plus que des crins ; de l'eau, du lit, de l'averse, du temps, elle ressortait en or, avec ses annelages. Et il me faisait signe d'approcher, de cette main à petit doigt, et je venais en souriant. Pourquoi ?... Et il me disait de baiser cette bouche au milieu de cette toison, et j'accourais pour la baiser. Et je la baisais. Pourquoi ?... Et quand au réveil, je le trompais, comme Agathe, avec le bois de mon lit, un bois plus relevé, évidemment, plus royal, de l'amboine, et qu'il me disait de lui parler, et que je le savais vaniteux, vide aussi, banal, je lui disais qu'il était la modestie, l'étrangeté, aussi, la splendeur. Pourquoi ?... Et s'il insistait tant soit peu, bégayant, lamentable, je lui jurais qu'il était un dieu. Roi des rois, la seule excuse de ce surnom est qu'il justifie la haine de la haine. Sais-tu ce que j'ai fait, le jour de son départ, électre, son navire encore en vue ? J'ai fait immoler le bélier le plus bouclé, le plus indéfrisable, et je me suis glissée vers minuit, dans la salle du trône, toute seule, pour prendre le sceptre à pleines mains ! Maintenant tu sais tout. Tu voulais un hymne à la vérité : voilà le plus beau !
ÉLECTRE. O mon père, pardon !
ÉGISTHE. Venez, reine.
CLYTEMNESTRE. Qu'on saisisse d'abord cette fille. Qu'on l'enchaîne.
ÉLECTRE. Me pardonneras-tu jamais de l'avoir entendue, ô mon père ! Est-ce qu'il ne faut pas qu'elle meure, Égisthe !
ÉGISTHE. Adieu, Électre.
ÉLECTRE. Tuez-la, Égisthe. Et je vous pardonne.
CLYTEMNESTRE. Ne la laissez pas libre, Égisthe. Ils vont VOUS poignarder dans le dos.
ÉGISTHE. C'est ce que nous allons voir... Laissez Électre... Déliez Oreste.
Égisthe et Clytemnestre sortent.
ÉLECTRE. L'oiseau descend, mendiant, l'oiseau descend.
LE MENDIANT. Tiens, c'est un vautour.



Fin de la scène

 

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