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Acte IV scène 8 et dernière de Beaumarchais (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Beaumarchais

Titre : Acte IV scène 8 et dernière

Époque : 18 ième

Oeuvre dont est tiré le titre : Le Barbier de Séville

beaumarchais

Acte IV, Le Barbier de Séville, Beaumarchais

C’est la dernière scène de la pièce. On peut la considérer comme son dénouement. Elle rassemble tous les personnages déjà connus du spectateur, auxquels viennent s’ajouter un alcade et des alguazils. La scène commence par l’arrivée de Bartholo stupéfait devant ce qu’il voit au point de devenir furieux. Il apprend le mariage du Comte et de Rosine : il voudrait bien les en empêcher. Finalement, il reconnaît avoir été victime d’un complot avant que Figaro ne conclue la piève.

Nous nous intéresserons dans cette scène, dans une première partie, aux principaux personnages de ce dénouement, puis dans une seconde partie, nous étudierons comment jusqu’à la fin de la pièce, Beaumarchais reste dans le registre comique.

I- Les principaux personnages

1 La nouvelle situation de Bartholo

Bartholo a été dans la pièce le personnage perturbateur dans la relation du Comte et de Rosine. Il croyait même au début de l’acte IV avoir les choses en main et pouvoir épouser Rosine. Il a malheureusement commis une erreur. Celle d’aller chercher du renfort pour faire arrêter le Comte.

Au début de la scène 8, quand il voit Rosine à coté du Comte, la colère s’empare de lui. C’est ce qui ressort des premières didascalies, « il crie en prenant le notaire à la gorge », et de sa première réplique « Rosine avec ces frippons ». Il s’exclame avant de réclamer l’arrestation de « tout le monde ». Il finit par se comporter de façon ridicule en prenant le notaire qu’il ne reconnaît pas à la gorge. Bazile par la suite l’oblige à reconnaître qu’il a eu tort de s’absenter, d’où cet échange entre les deux personnages. L’absence de Bartholo a en effet permis au Comte de régler le quiproquo avec Rosine à propos de la lettre.

Bartholo se trouve donc en difficulté. En tant que bourgeois, il a conscience de son infériorité sociale vis-à-vis du Comte, d’où le titre respectueux de « votre excellence ». Cependant il tente de lui tenir tête en l’invitant à quitter sa maison. Par la suite, Bartholo tente de nier la validité du contrat de mariage entre le Comte et Rosine, notamment en s’informant de l’identité des témoins. Parmi eux, figure Bazile ; ce dont s’étonne Bartholo. Bartholo constate que dans cette affaire, Bazile, son seul soutien possible, l’avait abandonné. Bartholo ne trouve plus que de faible argument avant de reconnaître sa défaite : la demoiselle est mineure. Dernier argument, « jamais on ne l’ôtera de mes mains ».

Tous ces arguments sont inutiles, ils sont aussitôt remis en cause par le Comte et Figaro. Toutes les tentatives de Bartholo le conduisent à perdre conscience de ses échecs. Dans cette réplique, on constate qu’une fois de plus, Bartholo ne se préoccupe que de lui même, et non du bien-être de Rosine. Il ne lui reste qu’une consolation : l’argent qu’il feint d’abord de mépriser pour l’accepter aussitôt après. Il accepte finalement de signer le contrat. A la fin de la scène, c’est encore à lui-même qu’il pense quand il se désole « moi » « je ». C’est un personnage égocentrique.

2. La victoire du Comte

Le Comte a dans cette scène abandonné son déguisement : fini donc les plaisanteries liées aux rôles qu’il jouait dans les actes II et III. Il apparaît sous son vrai jour, et se comporte avec justice et objectivité à l’égard de Bartholo. Il ne cherche pas à le contredire quand celui-ci lui rappelle qu’il n’est pas chez lui. Il le ménage. En revanche, il lui oppose un argument incontournable : la préférence que Rosine lui accorde. Elle vient de s’émanciper. Le Comte insiste sur le fait qu’il agit en toute légalité.

Implicitement, le Comte condamne Bartholo pour la contrainte qu’il a exercée sur Rosine. Le champ lexical de la contrainte rappelle que Bartholo été trop possessif. Le Comte s’exprime dans un langage soutenu et sobre. Il exprime son respect à l’égard de Rosine. Il lui donne le titre de Mademoiselle. En outre, il vante ses qualités. Il les met en parallèle avec les siennes pour prouver qu’elle et lui sont fait l’un pour l’autre. Le Comte montre son désintéressement sous la forme d’un échange qui ne peut être qu’à l’avantage de Bartholo. Le Comte ne réclame pas de dot pour Rosine. Le comte n’est pas seulement noble, il l’est aussi dans son comportement.

II- Le registre comique domine dans cette scène le dénouement.

Le ton est donné dès le début pour la bévue commise par Bartholo qui ne reconnaît pas son notaire, ce qui conduit à un comique de parole et un comique de situation. Ce représentant de la loi se retrouve en effet pris à la gorge. Bartholo s’est une fois de plus ridiculisé. On retiendra l’intervention positive de la justice en la personne de l’alcade qui s’aperçoit de l’erreur de Bartholo. L’alcade intervient pour favoriser et authentifier le mariage de Rosine et du Comte. Il l’oblige à accepter ce mariage sous peine de mettre en évidence la mauvaise administration des biens de sa pupille. Le Comte définit la fonction idéale du magistrat : ils « sont les soutiens de tout ceux qu’on opprime ».

Indirectement, le Comte se réfère au rapport qui existait entre Bartholo et Rosine. Toutefois, la formule reste très générale. Aussi peut-elle s’appliquer à toutes les formes d’oppression.

La pièce finit bien. Comme dans toutes comédies, elle propose un dénouement heureux : le vieux bourbon et finalement vaincu malgré ces tentatives d’oppositions, le contrat est signé. Bazile, personne corruptible et corrompu, c’est fait l’allié du couple, il a agit en sa faveur. Bartholo reçoit une compensation, on oubliera sa mauvaise gestion des biens de Rosine. C’est à Figaro qu’il revient de conclure la pièce. Lui, le valet, tire la leçon de cette comédie qui apparaît donc comme une fable. « Quand le jeunesse et l’amour sont d’accord pour tromper un vieillard, tout ce qu’il fait pour l’empêcher peut bien s’appeler à bon droit la précaution inutile ». Dans cette réplique, Figaro adopte une formule généralisant. De façon amusée, comme un clin d’œil aux spectateurs, Figaro rappelle le titre de la chanson interprété par Rosine et le Comte.

Conclusion :

Le spectateur ne peut que se réjouir du dénouement de cette comédie. En laissant le dernier mot à un personnage certes essentiel de l’intrigue mais de rang inférieur, Beaumarchais suggère quel avenir dans la société du 18è siècle il faudra compter avec les gens du peuple.

Accéder au commentaire de texte : Commentaire : Beaumarchais : Acte IV scène 8 et dernière

Extrait étudié :

Scène 8 et dernière

BARTHOLO, UN ALCADE, DES ALGUAZILS,

DES VALETS avec des flambeaux, et LES ACTEURS PRÉCÉDENTS

BARTHOLO voit le comte baiser la main de Rosine, et Figaro qui embrasse grotesquement don Bazile; il crie en prenant le notaire à la gorge. Rosine avec ces fripons! Arrêtez tout le monde. J'en tiens un au collet.

LE NOTAIRE. C'est Votre notaire.

BAZILE. C'est Votre notaire. Vous moquez-Vous ?

BARTHOLO. Ah ! don Bazile, et comment êtes-Vous ici ?

BAZILE. Mais plutôt Vous, comment n'y êtes-Vous pas ?

L'ALCADE, montrant Figaro. Un moment! je connais celui-ci.

Que viens-tu faire en cette maison, à des heures indues ?

FIGARO. Heure indue ? Monsieur voit bien qu'il est aussi près du matin que du soir. D'ailleurs, je suis de la compagnie de Son Excellence monseigneur le comte Almaviva.

BARTHOLO. Almaviva !

L'ALCADE. Ce ne sont donc pas des Voleurs ?

BARTHOLO. Laissons cela. - Partout ailleurs, monsieur le comte, je suis le serviteur de Votre Excellence; mais vous sentez que la supériorité du rang est ici sans force. Ayez, s'il vous plaît, la bonté de vous retirer.

LE COMTE. Oui, le rang doit être ici sans force ; mais ce qui en a beaucoup est la préférence que Mademoiselle vient de m'accorder sur vous en se donnant à moi volontairement.

BARTHOLO. Que dit-il, Rosine ?

ROSINE. il dit vrai. D'où naît votre étonnement? Ne devais-je pas, cette nuit même, être vengée d'un trompeur ? Je le suis.

BAZILE. Quand je vous disais que c'était le comte lui-même, docteur?

BARTHOLO. Que m'importe à moi ? Plaisant mariage ! Où sont les témoins?

LE NOTAIRE. il n'y manque rien. Je suis assisté de ces deux messieurs.

BARTHOLO. Comment, Bazile ! vous avez signé ?

BAZILE. Que voulez-vous ? ce diable d'homme a toujours ses poches pleines d'arguments irrésistibles.

BARTHOLO. Je me moque de ses arguments. J'userai de mon autorité.

LE COMTE. Vous l'avez perdue en en abusant.

BARTHOLO. La demoiselle est mineure.

FIGARO. Elle vient de s'émanciper.

BARTHOLO. Qui te parle à toi, maître fripon?

LE COMTE. Mademoiselle est noble et belle ; je suis homme de qualité, jeune et riche; elle est ma femme: à ce titre, qui nous honore également, prétend-on me la disputer?

BARTHOLO. Jamais on ne l'ôtera de mes mains.

LE COMTE. Elle n'est plus en votre pouvoir. Je la mets sous l'autorité des lois ; et Monsieur, que vous avez amené vous même, la protégera contre la violence que vous voulez lui faire. Les vrais magistrats sont les soutiens de tous ceux qu'on opprime.

L'ALCADE. Certainement. Et cette inutile résistance au plus honorable mariage indique assez sa frayeur sur la mauvaise administration des biens de sa pupille, dont il faudra qu'il rende compte.

LE COMTE. Ah ! qu'il consente à tout, et je ne lui demande rien.

FIGARO. .. que la quittance de mes cent écus ; ne perdons pas la tête.

BARTHOLO, irrité. ils étaient tous contre moi ; je me suis fourré la tête dans un guêpier.

BAZILE. Quel guêpier? Ne pouvant avoir la femme, calculez, docteur, que l'argent vous reste ; eh oui, vous reste !

BARTHOLO. Ah ! laissez-moi donc en repos, Bazile! Vous ne songez qu'à l'argent. Je me soucie bien de l'argent, moi ! A la bonne heure, je le garde; mais croyez-vous que ce soit le motif qui me détermine ?

Il signe.

FIGARO, riant. Ah, ah, ah, Monseigneur! ils sont de la même famille.

LE NOTAIRE. Mais, Messieurs, je n'y comprends plus rien. Est-ce qu'elles ne sont pas deux demoiselles qui portent le même nom ?

FIGARO. Non, Monsieur, elles ne sont qu'une.

BARTHOLO, se désolant. Et moi qui leur ai enlevé l'échelle, pour que le mariage fût plus sûr ! Ah ! je me suis perdu faute de,soins.

FIGARO. Faute de sens. Mais soyons vrais, docteur: quand la jeunesse et l'amour sont d'accord pour tromper un vieillard, tout ce qu'il fait pour l'empêcher peut bien s'appeler à bon droit La Précaution inutile.

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