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Néaere de Chenier (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Chenier

Titre : Néaere

Époque : 18 ième

Oeuvre dont est tiré le titre : Bucoliques

Accéder au commentaire de texte : Commentaire : Chenier : Néaere

Extrait étudié :

Néaere

Mais telle qu'à sa mort pour la dernière fois
Un beau cygne soupire, et de sa douce voix,
De sa voix qui bientôt lui doit être ravie,
Chante, avant de partir, ses adieux à la vie,
Ainsi, les yeux remplis de langueur et de mort,
Pâle, elle ouvrit sa bouche en un dernier effort:

"Ô vous, du Sébethus Naïades vagabondes,
Coupez sur mon tombeau vos chevelures blondes.
Adieu, mon Clinias; moi, celle qui te plus,
Moi, celle qui t'aimai, que tu ne verras plus.
Ô cieux, ô terre, ô mer, près, montagnes, rivages,
Fleurs, bois mélodieux, vallons, grottes sauvages,
Rappelez-lui souvent, rappelez-lui oujours
Néaere, tout son bien, Néaere ses amours,
Cette Néaere, hélas! qu'il nommait sa Néaere,
Qui pour lui criminelle abandonna sa mère;
Qui pour lui fugitive, errant de lieux en lieux,
Aux regards des humains n'osa lever les yeux.
Ô! soit que l'astre pur des deux frères d' Hélène
Calme sous ton vaisseau la vague ionienne;
Soit qu'aux bords de Paestum, sous ta soigneuse main,
Les roses deux fois l'an couronnent ton jardin,
Au coucher du soleil, si ton âme attendrie
Tombe en une muette et molle rêverie,

Alors, mon Clinias, appell, appelle-moi.
Je viendrai, Clinias, je volerai vers toi.
Mon âme vagabonde à travers le feuillage
Frémira. Sur les vents ou sur quelque nuage
Tu la verras descendre, ou du sein de la mer,
S'élevant comme un songe, étinceler dans l'air;
Et ma voix, toujours tendre et doucement plaintive,
Caresser en fuyant ton oreille attentive."

Article ajouté le 25\09\2007 à 19:41:13

Article validé le 25\09\2007 à 21:10:55

Ajouté par : admin

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