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Dialogue entre le docteur Rieux et Tarrou de Camus (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Camus

Titre : Dialogue entre le docteur Rieux et Tarrou

Époque : 20 ième

Oeuvre dont est tiré le titre : La peste

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Extrait étudié :

— Vous pensez pourtant, comme Paneloux, que la peste a sa bienfaisance, qu'elle ouvre les yeux, qu'elle force à penser!
Le docteur secoua la tête avec impatience.
— Comme toutes les maladies de ce monde. Mais ce qui est vrai des maux de ce monde est vrai aussi de la peste. Cela peut servir à grandir quelques-uns. Cependant, quand on voit la misère et la douleur qu'elle apporte, il faut être fou, aveugle ou lâche pour se résigner à la peste.
Rieux avait à peine élevé le ton. Mais Tarrou fit un geste de la main comme pour le calmer. Il souriait.
— Oui, dit Rieux en haussant les épaules. Mais vous ne m'avez pas répondu. Avez-vous réfléchi ?
Tarrou se carra un peu dans son fauteuil et avança la tête dans la lumière.
— Croyez-vous en Dieu, docteur?
La question était encore posée naturellement. Mais cette fois, Rieux hésita.
— Non, mais qu'est-ce que cela veut dire ? Je suis dans la nuit, et j'essaie d'y voir clair. Il y a longtemps que j'ai cessé de trouver ça original.
— N'est-ce pas ce qui vous sépare de Paneloux ?
— Je ne crois pas. Paneloux est un homme d'études. Il n'a pas vu assez mourir et c'est pourquoi il parle au nom d'une vérité. Mais le moindre prêtre de campagne qui administre ses paroissiens et qui a entendu la respiration d'un mourant pense comme moi. Il soignerait la misère avant de vouloir en démontrer l'excellence.
Rieux se leva, son visage était maintenant dans l'ombre.
— Laissons cela, dit-il, puisque vous ne voulez pas répondre.
Tarrou sourit sans bouger de son fauteuil.
— Puis-je répondre par une question ?
A son tour le docteur sourit :
— Vous aimez le mystère, dit-il. Allons-y.
— Voilà, dit Tarrou. Pourquoi vous-même montrez-vous tant de dévouement puisque vous ne croyez pas en Dieu ? Votre réponse m'aidera peut-être à répondre moi-même.
Sans sortir de l'ombre, le docteur dit qu'il avait déjà répondu, que s'il croyait en un Dieu tout-puissant, il cesserait de guérir les hommes, lui laissant alors ce soin. Mais que personne au monde, non, pas même Paneloux qui croyait y croire, ne croyait en un Dieu de cette sorte, puisque personne ne s'abandonnait totalement et qu'en cela du moins, lui, Rieux, croyait être sur le chemin de la vérité, en luttant contre la création telle qu'elle était.
— Ah ! dit Tarrou, c'est donc l'idée que vous vous faites de votre métier ?
— A peu près, répondit le docteur en revenant dans la lumière.
Tarrou siffla doucement et le docteur le regarda.
— Oui, dit-il, vous vous dites qu'il y faut de l'orgueil. Mais je n'ai que l'orgueil qu'il faut, croyez-moi. Je ne sais pas ce qui m'attend ni ce qui viendra après tout ceci. Pour le moment il y a des malades et il faut les guérir. Ensuite, ils réfléchiront et moi aussi. Mais le plus pressé est de les guérir. Je les défends comme je peux, voilà tout.

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