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Ainsi parlait Zarathoustra, IV, 4, de Nietzsche (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Nietzsche

Titre : Ainsi parlait Zarathoustra, IV, 4,

Époque : 19 ième

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Extrait étudié :

Nietzsche (Friedrich)


Science - Connaissance - Savoir - Sécurité

Ainsi parlait Zarathoustra, IV, 4, Bouquins II, p 479-481.


Je suis le consciencieux de l'esprit, répondit celui qui était interrogé, et, dans les choses de l'esprit, il est difficile que quelqu'uns'y prenne d'une facon plus sévère, plus étroite et plus dure que moi, excepté celui de qui je l'ai appris, Zarathoustra lui-même.
Plutôt ne rien savoir que de savoir beaucoup de choses à moitié ! Plutôt être un fou pour son propre compte qu'un sage dans l'opinion des autres ! Moi je vais au fond :
qu'importe qu'il soit petit ou grand ? Qu'il s'appelle marécage ou bien ciel ? Un morceau de terre large comme la main me suffit : pourvu que ce soit vraiment de la terre solide I
Un morceau de terre large comme la main : on peut s'y tenir debout. Dans la vraie science consciencieuse il n'y a rien de grand et rien de petit. »
« Alors tu es peut-être celui qui cherche à connaltre la sangsue ? demanda Zarathoustra ; tu poursuis la sangsue jusqu'à ses causes les plus profondes, toi qui es consciencieux ? »
« Ô Zarathoustra, répondit celui que Zarathoustra avait heurté, ce serait une monstrucsité, comment oseraisje m'aviser d'une pareille chose !
Mais ce dont je suis maitre et connaisseur, c'est du cerveau de la sangsue : c'est là mon univers à moi !
Et cela est aussi un univers ! Mais pardonne qu'ici mon orgueil se manifeste, car sur ce domaine je n'ai pas mon pareil. C'est pourquoi j'ai dit : « C'est ici mon domaine. »
Combien il y a de temps que je poursuis cette chose unique, le cerveau de la sangsue, afin que la vérité subtile ne m'échappe plus ! C'est ici mon royaume.
C'est pourquoi j'ai jeté tout le reste, c'est pourquoi tout le reste m'est devenu indifférent ; et tout près de ma science s'étend ma noire ignorance.
Ma conscience de l'esprit exige de moi que je sache une chose et que j'ignore tout le reste : je suis dégoûté de toutes les demi-mesures de l'esprit, de tous ceux qui ont l'esprit nuageux, flottant et exalté.
Où cesse ma probité commence mon aveuglement, et je veux être aveugle. Où je veux savoir cependant, je veux aussi être probe, c'est-àdire dur, sevère, étroit, cruel, implacable.
Que tu aies dit un jour, ô Zarathoustra : « L'esprit, c'est la vie qui incise elle-même la vie », c'est ce qui m'a conduit et éconduit à ta doctrine. Et, en vérité, avec mon propre sang, j'ai augmenté ma propre science. »
« Comme le prouve l'évidence », interrompit Zarathoustra ; le sang continuait à couler du bras nu du consciencieux. Car dix sangsues s'y étaient accrochées.
« Ô singulier compagnon, combien d'enseignements contient cette évidence, c'est-à-dire toi-même ! Et je n'oserais peut-être pas verser tous les enseignements dans tes oreilles sévères.
Allons ! Séparons-nous donc ici ! Mais j'aimerais bien te retrouver. Là-haut est le chemin qui mène à ma caverne. Tu dois y être cette nuit le bienvenu parmi mes hôtes.
Je voudrais aussi réparer sur ton corps l'outrage que t'a fait Zarathoustra en te foulant aux pieds : c'est ce à quoi je réfléchis. Mais maintenant un cri de détresse pressant m'appelle loin de toi.
Ainsi parlait Zarathoustra.

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