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Humain, trop humain de Niezsche (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Niezsche

Titre : Humain, trop humain

Époque : 19 ième

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Extrait étudié :

Art - Illusion

Humain, trop humain, § 222, Traduction R. ROVINI, Paris, Gallimard (Idées, 441) p. 202


Ce qui reste de l'art.

À la vérité, l'art prend une valeur beaucoup plus grande lorsqu'il s'accompagne de certains postulats métaphysiques, par exemple de la croyance généralement admise que le caractère est immuable et que l'essence du monde s'exprime sans discontinuité dans tous les caractères et toutes les actions : l' uvre de l'artiste devient alors l'image de la permanence éternelle, alors qu'à notre idée l'artiste ne peut jamais conférer de validité à son image que pour un temps, puisque l'homme, produit d'une évolution, est dans sa généralité sujet à variation et que même l'individu n'a rien de constant ni de fixe. - Il en va de même pour une autre hypothèse métaphysique : à supposer que notre monde visible ne fût qu'apparence, comme l'admettent les métaphysiciens, l'art s'en trouverait situé assez près du monde réel ; car il y aurait alors beaucoup trop d'analogies entre le monde de l'apparence et le monde de la vision onirique de l'artiste ; et ce qu'il reste de différence élèverait même la signification de l'art à un niveau dépassant la signification de la nature, du moment que l'art figurerait la constance des formes, les types et les modèles de la nature. - Or, ces postulats sont faux ; une fois cela reconnu, quelle place peut-il encore rester à l'art de nos jours ? Il nous a avant tout enseigné durant des millénaires à considérer la vie et chacune de ses formes avec intérêt, avec plaisir, et à amener ces sentiments jusqu'au point de nous écrier enfin : « Quelle qu'elle soit, la vie, elle est bonne. » Cette leçon que nous donne l'art de jouir de l'existence et de regarder la vie humaine comme un morceau de nature, sans mouvement de sympathie trop violent, de n'y voir qu'un objet soumis aux lois de l'évolution, - cette leçon a pris racine au profond de nous-mêmes, elle reparaît maintenant à la lumière sous forme d'un besoin tout-puissant de connaissance. On pourrait renoncer à l'art que l'on n'en perdrait pas pour autant cette faculté acquise grâce à lui : de même que l'on a abandonné la religion, mais non pas ces moments d'élévation et d'exaltation que l'âme y a gagnés. Comme les arts plastiques et la musique sont le critère de cette richesse de sentiment réellement acquise et accrue grâce à la religion, si l'art venait à disparaître l'intensité et la variété du bonheur de vivre qu'il a cultivées n'en continueraient pas moins à exiger satisfaction. C'est la science qui dans l'évolution de l'homme prend la suite de l'art.

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