Accueil | Francais | Philosophie | Histoire-géo | Commentaires philo | SES | Résumés d'oeuvres | Forum | Chances au bac

 


Afficher les documents littéraires par époque : Antiquité | Moyen-Âge | 16 ième | 17 ième | 18 ième | 19 ième | 20 ième | 21 ième


Fiches de Français - Commentaires composés corrigés - Dernières demandes - Demander un corrigé - Lexique littéraire

Les auteurs principaux :

Anouilh - Aubigné - Apollinaire - Aragon - Balzac - Baudelaire - Beaumarchais - Beckett - Bernanos - Brecht - Cadou - Camus - Céline - Cendrars - Chateaubriand - Claudel - Corbière - Cohen - Colette - Corneille - Desnos - Diderot - Du Bellay - Eluard - Fénelon - Flaubert - Fontenelle - Giono - Giraudoux - Hérédia - Hugo - Huysmans - Ionesco - Juliet - La Bruyère - Laclos - La Fayette - La Fontaine - Laforgue - Lamartine - Lesage - Mallarmé - Malraux - Marivaux - Marot - Maupassant - Mauriac - Michaux - Molière - Montesquieu - Musset - Nerval - Pascal - Ponge - Prévert - Prévost - Proust - Rabelais - Racine - Rimbaud - Ronsard - Rousseau - Roy - Saint-Amant - Sand - Sarraute - Sartre - Senghor - Shakespeare - Stendhal - Supervielle - Vallès - Verlaine - Vigny - Voltaire - Zola

La cueillette des cerises de Rousseau (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Rousseau

Titre : La cueillette des cerises

Époque : 18 ième

Oeuvre dont est tiré le titre : Les confessions

Accéder au commentaire de texte : Commentaire : Rousseau : La cueillette des cerises

Extrait étudié :

La cueillette des cerises

Nous dînâmes dans la cuisine de la grangère, les deux amies assises sur des bancs aux deux côtés de la longue table, et leur hôte entre elles deux sur une escabelle à trois pieds. Quel dîner! quel souvenir plein de charmes! Comment, pouvant à si peu de frais goûter des plaisirs si purs et si vrais, vouloir en rechercher d'autres? Jamais souper des petites maisons de Paris n'approcha de ce repas, je ne dis pas seulement pour la gaieté, pour la douce joie, mais je dis pour la sensualité.
Après le dîner nous fîmes une économie. Au lieu de prendre le café qui nous restait du déjeuner, nous le gardâmes pour le goûter avec de la crème et des gâteaux qu'elles avaient apportés; et pour tenir notre appétit en haleine, nous allâmes dans le verger achever notre dessert avec des cerises. Je montai sur l'arbre, et je leur en jetais des bouquets dont elles me rendaient les noyaux à travers les branches. Une fois, Mlle Galley, avançant son tablier et reculant la tête, se présentait si bien, et je visai si juste, que je lui fis tomber un bouquet dans le sein: et de rire. Je me disais en moi-même: Que mes lèvres ne sont-elles des cerises! comme je les leur jetterais ainsi de bon coeur.
La journée se passa de cette sorte à folâtrer avec la plus grande liberté, et toujours avec la plus grande décence. Pas un seul mot équivoque, pas une seule plaisanterie hasardée; et cette décence, nous ne nous l'imposions point du tout, elle venait toute seule, nous prenions le ton que nous donnaient nos coeurs. Enfin ma modestie, d'autres diront ma sottise, fut telle, que la plus grande privauté qui m'échappa fut de baiser une seule fois la main de Mlle Galley. Il est vrai que la circonstance donnait du prix à cette légère faveur. Nous étions seuls, je respirais avec embarras, elle avait les yeux baissés. Ma bouche, au lieu de trouver des paroles, s'avisa de se coller sur sa main, qu'elle retira doucement après qu'elle fut baisée, en me regardant d'un air qui n'était point irrité. Je ne sais ce que j'aurais pu lui dire: son amie entra, et me parut laide en ce moment.
Enfin elles se souvinrent qu'il ne fallait pas attendre la nuit pour rentrer en ville. Il ne nous restait que le temps qu'il fallait pour arriver de jour, et nous nous hâtâmes de partir en nous distribuant comme nous étions venus. Si j'avais osé, j'aurais transposé cet ordre; car le regard de Mlle Galley m'avait vivement ému le coeur; mais je n'osai rien dire, et ce n'était pas à elle de le proposer. En marchant nous disions que la journée avait tort de finir, mais, loin de nous plaindre qu'elle eût été courte, nous trouvâmes que nous avions eu le secret de la faire longue, par tous les amusements dont nous avions su la remplir.

Url du fichier ajouté : Accéder au corrigé

Ajouté par : admin

Les membres ont attribué la note suivante en moyenne : Pas de note attribuée pour le moment



Commentaires postés pour réagir à cet article :



Retour à l'accueil du site | Rechercher un article


© 2006-2011 Copyright www.lescorriges.com - Déclaration CNIL n°1164329 - Mentions-légales