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Un peu après je me rendis compte... de Colette (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Colette

Titre : Un peu après je me rendis compte...

Époque : 20 ième

Oeuvre dont est tiré le titre : Mes apprentissages

Accéder au commentaire de texte : Commentaire : Colette : Un peu après je me rendis compte...

Extrait étudié :

Un peu après je me rendis compte que, malgré tant de nouveauté, d'étonnement et même de désespoir, je m'étais sur-le-champ mise à réfléchir, et décidais qu'il importait de tenir Sido dans l'ignorance. Je l'y tins.
Je n'ai pas réussi complètement à la tromper, car elle voyait à travers les murailles. Mais j'ai fait de mon mieux pour qu'elle me crû heureuse, pendant treize ans. Mon rôle était difficile, surtout au commencement. Quand je lui rendais visite, à Chatillon-Coligny, j'avais à redouter un rude moment. Mes premières heures de séjour provincial, en dépit de la maison si petite et si modeste-si différente de le large maison natale de Saint-Sauveur-me rendait le goût de rire, de questionner, de suivre mon frère ainé, le médecin, dans la De Dion catarrheuse et de l'attendre aux portes des fermes. Le soir de mon arrivée, je dépeignais à ma mère les visages nouveaux de Mendès, de Gustave Charpentie, le chat noir et le lézard vert de Judith Gautier, Courteline... Mais venue la fatigue qui décolorait mon frère Achille après quinze heures de tournées, venue pour mon père l'heure de goûter son prompt sommeil d'homme vieillissant, je sentais l'approche aussi du moment chéri ou seules, ma mère e
t moi, nous causerions ensemble. Couchées, la boule chaude aux pieds, il fallait que je la visse s'asseoir dans le vieux fauteuil près de mon lit, tout animée de ma présence et de sa lassitude intolérante: "Ah! ces reins... cette jambe gauche... et cette nuque donc!"
Sa manière même de désigner les points douloureux bannissait, reniait ses maux, ainsi que son geste, le même qu'elle eût eu pour rejeter un vêtement trop chaud ou une très longue chevelure éparse...
-Allons, raconte!...
Elle me pressait, m'épiait avec une sagacité à faire peur. Mais j'étais sa fille, et déjà savante au jeu. Alors je racontais cent histoires d'un Paris que je ne connaissais presque pas. Je parlais théâtre et concerts. Je me surveillais durement, en appréhendant mon plus grand danger:"Si elle me borde, si avant de me border elle me prend dans ses bras, si elle me met l'odeur de ses cheveux maigres et doux contre ma joue, si elle s'amuse à m'appeler "mon soleil rayonnant", tout est perdu..."
Une heure plus tard, elle me nommait en effet son soleil rayonnant, appuyait contre ma joue sa chevelure clairsemée et soyeuse, et bordait ma couverture sous le matelas. Raide, attentive, je ne me permettais pas un geste, pas un mot, rien, rien que l'imitation d'un grommellement ensommeillé. Au prix d'une telle abstinence j'atteignais l'instant où Sido s'écriait:"Onze heure!", prenait la chatte d'un bras, empoignait de sa main libre la lampe à pétrole, et me quittait jusqu'au lendemain...

Colette, Mes apprentissages, 1936.

Mes apprentissages est une autobiographie. Dans ce passage, Colette vient d'apprendre que son mari la trompe.

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