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Lettre au Marquis de Guibert (lettre 65) de Julie de Lespinasse (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Julie de Lespinasse

Titre : Lettre au Marquis de Guibert (lettre 65)

Époque : 18 ième

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Extrait étudié :

Julie de LESPINASSE (1732-1776)

Fille illégitime du comte Gaspard de Vichy, frère de la marquise du Deffand, et de la comtesse d'Albon, Julie de Lespinasse fut élevée par sa mère qui, à la veille de sa mort, la confia au comte et à la comtesse de Vichy. En 1754, elle devint la dame de compagnie de Mme du Deffand, qui l'introduisit dans le milieu des mondanités parisiennes en faisant d'elle la lectrice de son salon. La jeune fille ne tarda pas à gagner l'estime du cercle d'amis de Mme du Deffand où sa vivacité d'esprit et son intelligence brillante furent immédiatement remarquées et appréciées. Jalouse du succès de sa protégée, Mme du Deffand la tint à l'écart de ses réunions avant de la congédier définitivement en 1763. Julie de Lespinasse ouvrit alors, rue de Bellechasse, son propre salon qui, bien que plus modeste que le précédent, attira les philosophes les plus brillants (d'Alembert, Condillac, Marmontel, Condorcet, Turgot) et devint un important foyer du mouvement encyclopédiste. Courtisée par d'Alembert, elle dirigea son estime vers deux autres hommes, le marquis de Mora et le marquis de Guibert. L'échec de ces deux liaisons passionnées altéra profondément la santé de la jeune femme qui s'abandonna au désespoir et mourut un an après avoir appris le mariage de son deuxième amant. Certains virent dans son tempérament exalté et dans la violence de ses sentiments les signes avant-coureurs des tendances du romantisme. Sa correspondance enflammée avec le marquis de Guibert fut publiée en 1809 et constitue un document précieux sur son époque.

Lettre au Marquis de Guibert (lettre 65)

Dimanche au soir, 23 octobre 1774.

Mon ami, pour me calmer, pour me délivrer d’une pensée qui me fait mal, il faut que je vous parle : j’attends l’heure de la poste de demain avec une impatience que vous seul peut-être pouvez concevoir. Oui, vous m’entendez, si vous ne pouvez me répondre, et c’est quelque chose : il serait sans doute plus doux, plus consolant d’être en dialogue ; mais le monologue est supportable, lorsqu’on peut se dire : je parle seule, et cependant je suis entendue. – Mon ami, je suis dans une disposition physique détestable ; je l’attribue à cette ciguë : elle a conservé, je crois, quelque propriété du poison ; je me sens dans une défaillance, dans une angoisse qui m’a fait croire aujourd’hui vingt fois que j’allais perdre connaissance, et dans ce moment même, je suis dans un malaise inexprimable : je sens ce que disait Fontenelle peu de temps avant sa mort, une grande difficulté d’être. Mais ce qui anime mon âme me donne la force de vous parler : car, en vérité, je n’ai pas eu un mouvement ou une parole de la journée. – Je ne sais si je vous ai dit que j’avais vu la femme du comte de … : sa figure est commune ; mais elle a le ton obligeant, et elle a grande envie de plaire, cependant telle qu’elle est, je ne la trouverais pas assez bien pour être la femme de l’homme que j’aime le plus. Mon ami, j’en suis plus sûre que jamais, tout homme qui a du talent, du génie, et qui est appelé à la gloire, ne doit pas se marier. Le mariage est un véritable éteignoir de tout ce qui est grand et qui peut avoir de l’éclat. Si on est honnête et assez sensible pour être un bon mari, on n’est plus que cela, et sans doute ce serait bien assez si le bonheur est là. Mais il y a tel homme que la nature a destiné à être grand, et non à être heureux. Diderot a dit que la nature, en formant un homme de génie, lui secoue le flambeau sur la tête, en lui disant : sois grand homme, et sois malheureux : voilà, je crois, ce qu’elle a prononcé le jour que vous êtes né. Bonsoir. Je n’en puis plus ; à demain.

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