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Fiche de lecture et résumé de Giraudoux (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Giraudoux

Titre : Fiche de lecture et résumé

Époque : 20 ième

Oeuvre dont est tiré le titre : La guerre de Troie n'aura pas lieu

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Extrait étudié :

La guerre de Troie n’aura pas lieu



Résumé

La ville de Troie est menacée par la guerre : la reine grecque, Hélène, a été enlevée par le Troyen Pâris et les Grecs attaqueront Troie si elle ne leur est pas rendue. À Troie, deux clans s’opposent. Les partisans de la guerre, menés par le poète officiel Demokos, attisent les passions nationalistes et cherchent à provoquer le conflit. Face à eux, les pacifiques veulent éviter la guerre à tout prix. Le plus déterminé d’entre eux, Hector, fils aîné du roi de Troie, entreprend tout pour assurer la paix et réussit à persuader les Troyens de fermer enfin les « portes de la guerre ». À l’arrivée des émissaires grecs, Oiax, un Grec brutal, gifle Hector. Mais, fidèle à son désir de paix, Hector refuse de céder à la provocation. Il a une entrevue avec Ulysse, l’ambassadeur des Grecs, et les deux hommes, malgré l’imminence de la guerre qu’ils sentent peser comme une fatalité, se quittent avec sagesse sur une négociation qui devrait éviter le conflit. Mais les tensions s’exacerbent. Demokos ameute les Troyens pour les pousser à la guerre. Voyant ses efforts de paix menacés par ce fanatique, Hector le tue pour le faire taire. Une nouvelle fois le conflit semble évité. Mais avant de mourir, Demokos accuse le Grec Oiax d’être son meurtrier et appelle à la vengeance. La guerre aura lieu.

Personnages principaux

Les Troyens
Priam, roi de Troie, favorable à la guerre contre les Grecs.
Hécube, femme de Priam, farouchement opposée à la guerre.
Hector, personnage le plus important de la pièce. Fils de Priam et d’Hécube. Guerrier dégoûté de la guerre, il fait tout pour préserver la paix.
Andromaque, femme d’Hector, engagée avec lui dans la défense de la paix.
Pâris, frère cadet d’Hector. En enlevant Hélène, il est à l’origine de la menace de conflit.
Cassandre, fille de Priam et d’Hécube. Elle prédit les événements malheureux.
Demokos, poète officiel, belliciste acharné.

Les Grecs
Hélène, femme de Ménélas, roi de Sparte. Enlevée, avec son consentement, par Pâris.
Ulysse, roi d’Ithaque, ambassadeur des Grecs auprès des Troyens pour demander le retour d’Hélène.
Oiax, capitaine de la flotte grecque, brutal et provocateur.

Thèmes

1. La guerre : fatalité de la guerre et responsabilité des hommes. 2. Patriotisme, nationalisme et chauvinisme. 3. Le poids des mots, la propagande et la manipulation des foules. 4. L’absurde. 5. La fragilité de la paix. 6. Le couple et l’amour. 7. La célébration de la vie.

Découpage

Acte 1 Scène 1 : La pièce se passe à Troie avant que n’éclate la guerre entre les Grecs et les Troyens. Les Grecs ont décidé d’envoyer un ambassadeur pour réclamer Hélène, enlevée par le Troyen Pâris. On attend le délégué des Grecs, Ulysse, et sa suite. Nous sommes sur la terrasse d’un rempart du palais de Priam, roi des Troyens. Pierres blanches et colonnades s’inscrivent sur le bleu du ciel. Andromaque, femme d’Hector, s’entretient avec sa belle-sœur, la prophétesse Cassandre. La guerre aura-t-elle lieu ? Andromaque a toute confiance dans la paix, mais Cassandre s’ingénie à la troubler en lui affirmant que le destin s’agite.

Scène 2 : Hector arrive, heureux et ému de retrouver sa femme et d’apprendre qu’elle attend un enfant.

Scène 3 : Les deux époux sont seul à seul et se confient. Hector, qui revient victorieux du combat, raconte comment il est passé de l’amour de la guerre à la haine de la guerre. Il est bien décidé à ne pas se battre de nouveau, surtout pour un prétexte aussi futile que l’enlèvement d’Hélène. Aussi a-t-il convoqué son jeune frère Pâris, le principal responsable de l’hostilité des Grecs.

Scène 4 : Dans un dialogue où la raideur de l’aîné s’oppose à la légèreté du cadet, Hector obtient de Pâris la promesse qu’il laissera repartir Hélène si Priam y consent. Mais Cassandre lui révèle que le vieux roi Priam et tous les habitants de la ville ne veulent à aucun prix renoncer à Hélène, qu’ils appellent la Beauté.

Scène 5 : On voit les vieillards regarder Hélène sur les remparts et l’acclamer.

Scène 6 : Les vieillards, Priam lui-même, et le Géomètre qui fait l’éloge d’Hélène, composent le clan de la guerre. Ils s’efforcent par tous les moyens de rendre le conflit inévitable. Leur chef est le poète Demokos. Tous réunis, ils s’opposent aux « pacifistes ». Hector, soutenu par sa femme Andromaque et sa mère Hécube, leur tient tête. Il se fait fort d’obtenir d’Hélène qu’elle quitte Troie. Malgré Demokos qui dénonce la restitution d’Hélène comme une lâcheté et une atteinte à l’honneur national, Priam s’apprête à fermer solennellement les Portes de la Guerre.

Scène 7 : Pâris engage Hélène à respecter la décision d’Hector.

Scène 8 : Hélène se montre docile et indifférente. Elle avoue même volontiers à Hector que sa liaison avec Pâris ne peut s’appeler de l’amour. Elle fera donc ce que l’on voudra.

Scène 9 : Hector croit avoir triomphé en obtenant le départ d’Hélène. Mais il se heurte à un obstacle invisible : le destin. Hélène obéit certes à Hector, mais la fatalité est en marche. Hector, d’ailleurs, le comprend : « Tous m’ont cédé. Pâris m’a cédé. Hélène me cède. Et je sens qu’au contraire [...] j’ai perdu. » Et, en effet, on annonce que les navires grecs abordent les côtes, dans une manœuvre que les Troyens jugent belliqueuse.

Scène 10 : Restée seule avec Cassandre, Hélène lui demande d’« évoquer la Paix ». Celle-ci apparaît sous les traits misérables d’une femme pâle et malade. « La Paix » a beau se farder et mettre du rouge, Hélène la voit de moins en moins.

Acte II Scène 1 : Devant les Portes de la Guerre encore ouvertes, Hélène joue de toute sa séduction devant le jeune frère de Pâris et d’Hector, Troïlus, âgé de quinze ans.

Scène 2 : Devant Pâris, Hélène promet à Troïlus qu’ils s’embrasseront un jour.

Scène 3 : Le poète Demokos inscrit dans sa mémoire le visage d’Hélène pour composer sur un lui un chant inspiré.

Scène 4 : Tout le monde se réunit devant les Portes de la Guerre. Le Conseil des Anciens est conduit par Demokos. C’est lui qui se charge de composer le « chant de guerre » et d’organiser le « concours d’épithètes », c’est-à-dire d’insultes, pour démoraliser l’ennemi et stimuler l’ardeur des combattants.

Scène 5 : Demokos a convoqué le juriste Busiris, un Sicilien, pour qu’il présente le débarquement des Grecs comme une offense aux Troyens. Mais Hector dénonce la manœuvre du parti de la guerre en obligeant Busiris à retourner totalement son analyse. La menace de conflit semble s’éloigner. Pendant que le Portes de la Guerre se ferment, Hector prononce un « discours aux morts », qui est une déclaration de paix. Mais les esprits sont surexcités par l’arrivée d’Ulysse et des Grecs de sa suite.

Scènes 6 et 7 : La petite Polyxène, envoyée par Andromaque, demande à Hélène de repartir en Grèce. Mais elle se trouble et échoue dans sa mission.

Scène 8 : Andromaque et Hélène restent seules. Andromaque supplie Hélène d’aimer vraiment Pâris afin de donner au moins un sens à la guerre si elle survient. Mais Hélène n’a pas l’intention de former avec Pâris le couple parfait pour les besoins de la cause. Andromaque est découragée.

Scène 9 : Oiax, un Grec qui vient de débarquer à moitié ivre, insulte Hector et le gifle. Celui-ci, pour sauver la paix, refuse de céder à la provocation.

Scène 10 : Le même Grec gifle Demokos. Celui-ci ameute les Troyens en criant vengeance. Hector le gifle.

Scène 11 : Oiax se réconcilie avec Hector. La paix semble préservée. Mais Hector est inquiet.

Scène 12 : Ulysse, le négociateur grec, vient réclamer Hélène. Si les Troyens la rendent, la paix sera assurée. Mais à une condition : que Pâris ait respecté Hélène, que son mari la retrouve « dans l’état même où elle lui fut ravie ». Comment faire croire une telle invraisemblance ? Pâris et Hélène y seraient prêts pour sauver la paix, mais les matelots de Pâris, les gabiers, qui ont épié le couple pendant la traversée, décrivent le comportement des deux amants en des termes qui ne laissent aucun doute sur leur intimité. Iris, la messagère des dieux, apparaît dans le ciel. Elle transmet des messages contradictoires d’Aphrodite, de Pallas, de Zeus. Pour des raisons radicalement opposées, ils concluent tous à la guerre.

Scène 13 : Hector et Ulysse restent en tête-à-tête. Ni l’un ni l’autre ne veut la guerre, mais ils sentent néanmoins que le destin risque d’en décider autrement. Leurs deux peuples semblent faits pour s’affronter. Afin de « déjouer la guerre », de lutter contre cette fatalité, Ulysse accepte avec courage de partir le plus rapidement possible en évitant toute hostilité.

Scène 14 : Le Grec Oiax, de plus en plus ivre, cherche à embrasser Andromaque. Hector, qui est prêt à le tuer, se contient pour sauver la paix. Survient Demokos qui, ayant appris la restitution d’Hélène, ameute la ville et l’appelle aux armes. Hector, pour éviter le conflit, le tue de son javelot. Il pense avoir triomphé. « La guerre n’aura pas lieu, Andromaque. » Le rideau commence à tomber. Mais il se relève. Demokos, qui agonise, accuse Oiax le Grec de l’avoir tué. La foule troyenne rattrape le Grec et le lynche. La guerre aura lieu. Les Portes de la Guerre s’ouvrent lentement. Elles découvrent Hélène qui embrasse Troïlus. Le rideau tombe définitivement.

Le titre

Qu’est-ce que le destin ? C’est une force contre laquelle la volonté des hommes ne peut rien ; c’est ce qui nous paraît fixé de toute éternité, que l’on ne peut changer. On dit communément que le destin, c’est ce qui est « écrit ». Au moment où Giraudoux rédige son œuvre, la guerre de Troie, elle aussi, a été « écrite » : elle a été racontée par Homère dans l’Iliade. Comment pourrait-on modifier une histoire déjà écrite ? Or, le titre de la pièce paraît justement vouloir récrire l’histoire, une histoire déjà écrite depuis des siècles. Il semble vouloir nier une évidence, une vérité pourtant universellement connue. En donnant à sa pièce ce titre paradoxal et brillant, l’auteur invite à une réflexion sur le destin. Le destin est ce qui s’impose, ce qui est inéluctable. Quels que soient la volonté des hommes et les efforts qu’ils déploient, quels que soient leurs rêves et leurs espoirs, ils ne pourront empêcher la guerre de Troie d’exister. Elle est inscrite depuis le fond des âges dans l’histoire des hommes. Dès le titre, une représentation symbolique du destin est donc donnée, dans le rapport que Giraudoux entretient avec les sources dont il s’inspire. Le destin, c’est déjà le modèle, le récit, l’histoire dont il dépend pour écrire sa pièce. Malgré la négation trompeuse contenue dans le titre (« n’aura pas lieu »), le destin ne peut pas manquer de s’accomplir : nous le savons, parce qu’elle a déjà eu lieu, la guerre de Troie aura lieu. Reste à savoir par quelles voies.

Les registres de comédie et du tragique

Traitant un sujet tragique, Giraudoux n’a cependant pas voulu s’en tenir au seul ton de la tragédie. Avec La Guerre de Troie, il écrit à la fois une tragédie et une comédie en pratiquant le mélange des genres, sans que celui-ci nuise à la tonalité de l’ensemble. De nombreuses scènes franchement drôles alternent avec des scènes pathétiques. Elles ont pour rôle à la fois de détendre les spectateurs et de ménager des contrastes. Ce sont souvent des caractères qui s’opposent, et c’est de leur affrontement que naît le comique. La sévère raideur d’Hector se heurte à l’impertinence de son cadet Pâris (I, 4) et, plus tard, à la tranquille obstination d’Hélène (I, 8). Dans la scène 6 de l’acte I, les vertes répliques d’Hécube et les rires frais des servantes viennent démasquer la solennité et la prétention de Demokos. Les changements de ton introduisent dans certaines scènes des ruptures nécessaires à la dynamique de la pièce et à l’attention du spectateur. Par exemple, le concours d’épithètes improvisées change le rythme du conseil de guerre organisé par les vieillards (II, 4). Plus loin (II, 5), la consultation de l’expert Busiris offre un savoureux mélange de satire et de farce et procure au public la joie de voir s’effriter une bonne conscience et dégonfler une baudruche. Dans la scène 12 de ce même acte, les figures pittoresques des gabiers de Pâris, leur langage cru et leur verve toute méditerranéenne font oublier pour un temps la hauteur du débat et la gravité de son enjeu. Certaines scènes sont disposées en amusants contrepoints. Ainsi l’entrevue difficile avec l’ambassadeur Ulysse (II, 12) est-elle « préparée » par son envers dérisoire, la scène 9, où l’ivrogne Oiax, qu’Hector qualifie ironiquement de « négociateur », vient réclamer la guerre en traitant chacun des princes troyens de « lâche » et de « beau-frère de pute ». Giraudoux ne recule pas devant le burlesque. Celui-ci est présent dans les scènes 4 et 5 de l’acte I où les vieillards acclament Hélène de leur bouche édentée et dévalent les escaliers malgré leurs rhumatismes pour mieux la voir. Quant à la scène des trois gifles - surtout les deux reçues par Demokos - ce serait un vrai numéro de cirque sans la situation dramatique et la menace imminente de la guerre. L’art de l’homme de théâtre consiste à intercaler le rire entre les temps forts de la pièce : morceaux de bravoure (le discours aux morts, par exemple), ou « duels » (explications entre Andromaque et Hélène, entrevue entre Hector et Ulysse). Le comique est également utilisé pour souligner l’inconscience, la bêtise ou la lâcheté des fantoches.

Ajouté par : admin

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