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Quatrième partie, Livre 4e, Première entrevue avec Charles X. de Chateaubriand (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Chateaubriand

Titre : Quatrième partie, Livre 4e, Première entrevue avec Charles X.

Époque : 19 ième

Oeuvre dont est tiré le titre : Mémoires d'outre Tombe

Accéder au commentaire de texte : Commentaire : Chateaubriand : Quatrième partie, Livre 4e, Première entrevue avec Charles X.

Extrait étudié :

De « Rien ne brise le cœur… » jusqu’à « …et de qui la mère avait était captive.»

Commentaire :

Il est tard, il fait nuit. C'est un extrait qui évoque les retrouvailles de Charles X à Prague. Cette rencontre suscite des souvenirs de la monarchie légitimiste. Chateaubriand a du mal à maîtriser ses émotions. Chateaubriand est un homme lige, il est lié au roi par une promesse de fidélité et de dévouement absolu. Leur dialogue est tourné vers le passé. C’est un passage romantique.

Il semble que ce texte a deux intérêts :
I Une veillée funèbre à la fois d’un homme et d’une monarchie.
II Discours solennel d’adieu.

En arrivant à Prague il voulait tenir un discours d’homme libre (« hardi » : adjectif qui désigne ici quelque chose qui heurte par sa trop grande liberté), il voulait être « impitoyable » même devant le roi. Mais le cœur l’emporte sur la vue politique. Il voix un roi accablé par les années et « les calamités extraordinaires de sa vie ». Cette rencontre fait rejaillir des souvenirs de la monarchie et des erreurs du passé. « les ordonnances de Juillet ». On peut percevoir ainsi un sentiment de nostalgie. Il montre son attachement à la Restauration et sa fidélité envers le monarque (C’est un homme lige). En témoigne l’émotion qu’il a du mal à cacher en présence du monarque. Cette émotion est réciproque : « ses yeux étaient humides ». Charles X a de l’estime pour lui aussi.

Il s’efface et laisse place au roi comme si les mots du discours exprimaient la hiérarchie. Au début pronoms personnels et adjectif possessifs à la première personne du singulier, « moi », « je », « mes », « mon roi», « mon vieux prince » puis il évoque le roi uniquement à la 3e personne du singulier. De cette façon il fait honneur au roi et montre son estime pour lui.

I Oraison funèbre (éloge solennel d’un monde mort).

Cette veillé funèbre est d’abord dans le décors et l’atmosphère. C’est une scène nocturne. Le roi est seul avec celui qui le reçoit. Chateaubriand à de la mémoire, par conséquent ses rencontres avec le rois lui rappelle un décors prestigieux : les apparats, les domestiques. Mais l’exil a accéléré le déclin. Ici il y a un dépouillement total. Il ne dispose que d’une « petite table en bois ». Les deux bougies qui ne permettent qu’un éclairage blafard reflètent un mourant et un monde moribond. A « soixante-seize » ans le roi est un vieillard. Il y a tout un champ lexical de la vieillesse : « cheveux blancs », « vieux », «Penchant vers moi sa bonne oreille », euphémisme pour dire qu’il est sourd. Répétition de l’adjectif « dernier ». Ce texte nous rappelle à travers des faits que ce pouvoir est en ruine. Métaphore militaire pour dire qu’il avait l’intention d’avoir un discours explosif : « armer mes discours ». « Pédagogue » est un nom qui désigne celui qui enseigne. Il voit une dernière chance, l’hypothétique restauration par Henry V dont il rêve d’être le précepteur. Atmosphère débilitante. Lorsque Charles X recevait Chateaubriand il était en France dans le château de la royauté. Ici c’est un roi exilé, déchu, « courbé sous le poids de son règne ». Chateaubriand rassemble dans une phrase les trois générations, trois forme de malheurs ayant pour thème la déchéance : « le père assassiné », « la mère en prison » laissant le Dauphin, Henry V, orphelin.


II Chateaubriand s’efforce de faire de cette atmosphère de mort une mise en scène grandiose.

Ce monde est détruit et s’est effondré, il s’agit donc de donner une structure, un maintient.
Il utilise d’abord une structure binaire : « Toutes les choses hardies…, toutes les vaines… », « moi devenir…, moi oser… », « penchant… m’avertissent… », une structure parallèle: « infirmité commune, calamité extraordinaire ». Pour éviter que ce rythme apparaisse trop guindé, artificiel, il utilise le rythme ternaire. Il y a une amplitude d’expression plus grande. Un phénomène d’élargissement : « à mon roi, mon roi au cheveux blancs, à mon roi proscrit, exilé, prêt à déposer… » Le vers blanc comprenant deux hémistiches séparées par une césure : « sa dépouille mortelle // dans la terre étrangère ! » et l’alexandrin « Moi devenir le pédagogue du malheur ! » confèrent un rythme poétique à travers le rythme. Chateaubriand a recours à des procédés rhétoriques pour donner une résonance au discours. Répétition : « ses derniers jours, dans un dernier exil » ajoute une espèce de solennité sonore et une volontaire monotonie de suggérer le glas de la monarchie. (Le glas est l’expression de la cloche pour annoncer le deuil.)

Ajouté par : admin

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