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Oedipe Roi de Sophocle (cliquez sur le titre ou l'auteur pour effectuer une recherche)

Auteur : Sophocle

Titre : Oedipe Roi

Époque : Antiquité

Accéder au commentaire de texte : Commentaire : Sophocle : Oedipe Roi

Extrait étudié :

Sophocle – Œdipe Roi
( p. 28 à 32 v. 380 à 463)



TIRÉSIAS

Aussi bien ton destin n'est-il pas de succomber par moi : Apollon s'en charge; c'est à lui d'en finir avec tout cela.

ŒDIPE

C'est de Créon ou de toi, tout ce roman-là ?

TIRÉSIAS

Créon n'est pour rien dans ton malheur: c'est à toi que tu le dois.

ŒDIPE ®

Ô richesse ! ô trône royal ! ô savoir qui a su l'emporter sur la science ! quelle jalousie vous éveillez contre une existence que vous faites trop envier! Pour l’amour de ce sceptre dont la cité m'a fait hommage, qu’elle m'a mis en main sans que je l'aie sollicité, Créon. ce fidèle, cet ami de toujours, se livre à des menées souterraines ; il ne rêve que de me supplanter, en soudoyant cette espèce de sorcier, avec ses tissus d'intrigues. ce charlatan retors, qui n'y voit que pour ses profits, mais dans son art, radicalement aveugle ! Car voyons, dis-moi, où est-elle, ta clairvoyance divinatrice ? D'où vient qu'aux jours où le Sphinx faisait ici peser ses enchantements tu n'ouvrais pas la bouche pour en délivrer tes concitoyens ? Cette énigme, il n'était pas donné au premier venu d'en donner le mot : il y fallait le don de divination - tu as assez montré que tu ne le possédais pas, ni d'après le vol des oiseaux, ni par inspiration divine. J'arrive alors, moi qui ne sais rien, Oedipe la dupe, et je suis venu à bout du Sphinx. C'est ma sagacité qui m'a fait tomber juste : je n'avais pas eu d'oiseaux pour me renseigner !… Et voilà celui que tu entreprends de chasser ? Tu comptes trouver une place aux côtés de Créon sur les marches de son trône ! M'est avis qu'elle coûtera lourd, à toi et à son instiga­teur, cette épuration sacrée ! Tu as de la chance que je te voie si vieux, sans quoi tu aurais déjà appris à tes dépens ce que vaut au juste ton discernement.

CORYPHÉE

À notre sens, c'est la colère qui a dicté ses paroles, mais elle dicte aussi les tiennes, OEdipe, semble-t-il.

Vous devriez quitter ce ton. Comment satisferons-nous le mieux à l'oracle ? Voilà la seule chose à examiner.

TIRÉSIAS

Tu es le roi, c'est entendu. Mais il y a au moins une égalité que je revendique : celle de répliquer en égal. Moi aussi en cela j'ai des droits souverains. Ma vie n'est pas à tes pieds, mais à ceux de Loxias : je n'aurai pas à recourir au patronage de Créon. Je te le dis - puisque tu es allé jusqu'à me faire une insulte d'être aveugle - toi, tes yeux sont ouverts, et tu ne vois pas dans quelle horreur tu baignes, sous quel toit tu demeures, et avec qui. Sais-tu de qui tu es le fils ? Tu ne te doutes pas que tu es abominable aux tiens, en ce monde comme dans l'autre. Doublement assenée sur toi par ta mère et ton père, te chassera de ce sol, affreuse, talonnante, la Malédiction…Tu vois clair à présent, mais alors tu ne verras plus que ténèbres ! En quel lieu ton cri n'ira-t-il pas jeter l'ancre, et de quelle falaise ta voix bientôt n'éveillera-t-elle pas les échos, lorsque tu auras reconnu en quelles épousailles... sur quels brisants tu es venu te jeter pour bâtir ton foyer, après ton heureuse croisière ! Les maux qui t'attendent encore en foule, tu ne les connais pas : ils te rendront ton vrai rang, et même rang qu'à tes enfants – Après cela, tu peux cracher sur Créon, et sur moi qui te parle : jamais homme ici-bas n'aura été plus atrocement broyé que tu ne vas l'être.

OEDIPE

Peut-on tolérer les énormités de cet individu ? Va t'engloutir où tu le mérites! Et plus vite que cela ! Oui ou non, vas-tu faire demi-tour, vider ma demeure et t'en retourner ? Va-t'en !

TIRÉSIAS

Je ne serais pas venu de moi-même. C'est toi qui m'as convoqué.

OEDIPE

Pouvais-je savoir que tu tiendrais des propos délirants ? Sinon j'aurais regardé à deux fois avant de te mander en mon palais !

TIRÉSIAS

Ainsi va de moi : pour toi, je délire, mais pour tes parents - ceux dont tu es né ! j'avais tout mon discernement.

OEDIPE

Quels parents ? Attends! Quel est donc ici-bas dont je suis né ?

TIRÉSIAS

Ce jour t'apportera ta naissance et ta perte.

OEDIPE

Comme tu parles toujours à mots couverts, énigmatiques !

TIRÉSIAS

N'est-ce pas ta spécialité de les éclaircir ? C'est un don que tu as...

OEDIPE

Des insultes de ce genre, soit : tu ne sauras en cela qu'éclairer ma grandeur.

TIRÉSIAS

C'est pourtant précisément cette chance-là qui t'a perdu.

OEDIPE

Si j'ai sauvé cette cité, peu m'importe le reste.

TIRÉSIAS

Eh bien, je me retire. [À l'enfant qui l'accompagne.] Allons, mon enfant, emmène-moi.

OEDIPE

Qu'il t'emmène, oui. Débarrasse-moi de ta présence, elle m'est odieuse. Disparais, ce sera un soulagement pour moi.

TIRÉSIAS

Je me retire, mais je te laisse la réponse pour laquelle je suis venu. Ton sourcil ne me fait pas peur, tu ne peux rien pour m'abattre. En vérité, je te le dis, cet homme que tu cherches depuis quelque temps, en faisant des proclamations comminatoires sur le meurtre de Laïos, cet homme est ici. Il passe pour un étranger, un immigré, mais son origine se révélera: il est authentiquement thébain. Et il n'aura pas à se louer de l'événement. Car il sera aveugle, lui, dont les yeux sont ouverts; il mendiera, lui, qui est dans l'opulence ; vers le sol étranger, tâtonnant devant lui avec son bâton, il ira cheminant. On découvrira qu'il a près de lui des enfants dont il est tout ensemble le frère et le père ; que de la femme dont il est né, lui, le fils, il est aussi l'époux; qu'il a ensemencé le même sillon que son père; et qu'il est son meurtrier. Va, rentre chez toi, médite mes paroles. Et si tu me prends à t’avoir menti, alors je te permets d'affirmer que je n'entends rien à la divination.

[Il s'éloigne ; Oedipe rentre dans le palais.]

Ajouté par : admin

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