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Commentaire composé : Flaubert : L'Education Sentimentale, 1869, « Ce fut comme un apparition »

Extrait étudié :

Le 15 septembre 1840, Frédéric Moreau, jeune bachelier de 18 ans, rentre de Paris à Nogent, par la Seine, en bateau à roues...

Ce fut comme une apparition.

Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l’éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu’il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda.

Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses, qui palpitaient au vent, derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement l’ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait en plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpaient sur le fond de l’air bleu.

Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa manoeuvre ; puis il se planta tout près de son ombrelle, posée contre le banc, et il affectait d’observer une chaloupe sur la rivière.

Jamais il n’avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait... Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu’elle avait portées, les gens qu’elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n’avait pas de limites.

Une négresse, coiffée d’un foulard, se présenta, en tenant par la main une petite fille, déjà grande. L’enfant, dont les yeux roulaient des larmes, venait de s’éveiller. Elle la prit sur ses genoux : « Mademoiselle n’était pas sage, quoiqu’elle eût sept ans bientôt ; sa mère ne l’aimerait plus ; on lui pardonnait trop ses caprices. » Et Frédéric se réjouissait d’entendre ces choses, comme s’il eût fait une découverte, une acquisition.

Il la supposait d’origine andalouse, créole peut-être ; elle avait ramené cette négresse avec elle.

Cependant, un long châle à bandes violettes était placé derrière son dos, sur le bordage de cuivre. Elle avait dû, bien des fois, au milieu de la mer, durant les soirs humides, en envelopper sa taille, s’en couvrir les pieds, dormir dedans ! Mais entraîné par les franges, il glissait peu à peu, il allait tomber dans l’eau ; Frédéric fit un bond et le rattrapa. Elle lui dit :

- Je vous remercie, monsieur. Leurs yeux se rencontrèrent.

- Ma femme, es-tu prête ? cria le sieur Arnoux apparaissant dans le capot de l’escalier.

Commentaire :

Après avoir songé à intituler ce roman, écrit entre le 1er septembre 1864 et le 16 mai 1869, les Fruits secs, et après avoir longtemps hésité — au point de demander à son amie George Sand de lui trouver un titre —, Flaubert adopte finalement, «en désespoir de cause», le titre l’Éducation sentimentale, histoire d’un jeune homme: «Je ne dis pas qu’il soit bon, mais jusqu’à présent c’est celui qui rend le mieux la pensée du livre» (lettre à George Sand, 3 avril 1869). L’écrivain reprend ainsi un titre déjà utilisé pour une œuvre de jeunesse — rédigée de 1843 à 1845 — qu’il ne souhaita jamais publier, et qui n’a à peu près de commun avec l’œuvre présente que le titre, le sous-titre étant propre au roman de 1869. La rédaction de l’ouvrage s’accompagne d’une inquiétude tenace concernant un «défaut de conception» que l’auteur perçoit sans parvenir à le corriger: «Je veux faire l’histoire morale des hommes de ma génération; “sentimentale” serait plus vrai. C’est un livre d’amour, de passion; mais de passion telle qu’elle peut exister maintenant, c’est-à-dire inactive. Le sujet, tel que je l’ai conçu, est, je crois, profondément vrai, mais, à cause de cela même, peu amusant probablement. Les faits, le drame manquent un peu; et puis l’action est étendue dans un laps de temps trop considérable. Enfin, j’ai beaucoup de mal et je suis plein d’inquiétudes» (lettre à Mlle Leroyer de Chantepie, 6 octobre 1864).
Le roman s’ouvre sur le trajet fluvial du héros, Frédéric Moreau, entre Paris et Nogent. Celui-ci, nouvellement reçu bachelier, retourne dans sa famille avant d’aller « faire son droit ». C’est sur ce bateau qu’il va rencontrer M. Arnoux, qui l’introduira ensuite dans le monde de l’art, et surtout Mme Arnoux, qui va devenir son grand amour. Nous sommes ici au point de passage entre incipit et diégèse, c'est-à-dire entre l’ouverture du roman et le roman proprement dit (=l’histoire). Ce passage oriente ainsi le déroulement du roman. Il s’agira donc de voir en quoi ce passage est programmatique dans l’économie romanesque.
Nous verrons dans une première partie...

Plan :

I La scène de première rencontre
A/ Focalisation intérieure et focalisation omnisciente : le brouillage des voix
B/ La sidération
C/ « Leurs yeux se rencontrèrent » (Jean Rousset)

II Le regard du poète et le regard du romancier
A/ Récit et description : métaphorisation de la femme
B/ Un héros à la passion inactive qui a du temps pour la contemplation : le goût du détail

III Le romanesque à l’épreuve
A/ Roman et peinture
B/ L’omniprésence du narrateur : la tentation parodique ?
C/ Une préfiguration du roman à venir : la scène programmatique

Conclusion

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